L'avis de RicochetLoin du merveilleux absolu, « Soudain dans la forêt profonde » s’aventure dans l’univers de l’innocence et de la réconciliation sans tomber dans le piège du rêve naïf où tout serait rose. Amos Oz évoque un village habité par la tristesse, déserté par les animaux, qui semble tout simplement maudit. Les habitants vivent dans la crainte, parlent de la forêt comme de l’enfer, territoire d’un démon nommé Nehi. Deux enfants, Nimi et Maya, sont les seuls à se montrer assez braves pour chercher à percer le secret du village. Ils « se doutaient d’un savoir défendu. » Comme personne n’ose répondre à leurs questions, ils décident de partir dans la forêt à la recherche des animaux et de la vérité. Dans la montagne, les attend un vieil homme entouré de renards, d’oiseaux, de foules d’insectes et de minuscules bestioles. Quelqu’un qui a souffert de sa différence et de son originalité. Fable contre l’exclusion qui invite à la tolérance et souligne le pouvoir de la parole, « Soudain dans la forêt profonde » permet le rapprochement et la réflexion. Mais du chemin reste à parcourir pour que le village maudit ne le soit plus. L’espoir est du côté des jeunes générations représentées par Nimi et Maya. Les points forts de cet album : la densité du récit, la beauté de l’écriture, le suspense savamment entretenu et des illustrations qui évoquent bien le ton mystérieux de cette histoire. Le style de Georg Hallensleben, qui préfère le flou et le fondu aux traits qui délimitent et limitent, exprime plastiquement les inquiétudes et les questionnements, les mondes aussi bien obscurs qu’ensoleillés de cette fable. Des compositions chaleureuses. Une infinité de nuances. Pascale Pineau Voir la chronique de Pascale Pineau
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |