La famille Penderwick quitte Cameron, dans le Massachussetts, pour trois semaines de vacances. Pour la première fois, ils louent une petite maison dans les monts du Berkshire. En arrivant, ils découvrent un charmant pavillon, au cœur d’une immense propriété nommée Arundel. Là, les quatre filles, Linotte, Skye, Jeanne et Rosalind font la connaissance de Lucas, le fils unique de la terrible propriétaire, Mme Tifton. Le jeune garçon voit son quotidien s’égayer au contact de ses nouvelles amies, ce qui n’est pas du goût de sa mère qui trouve vulgaires ces nouvelles fréquentations. Jour après jour, les cinq enfants vivent des moments d’aventure (Lucas sauvant Linotte de l’énorme taureau p.58), de colère (Lucas apprend que sa mère et son futur mari veulent l’envoyer au pensionnat militaire p.117), et d’émotion (la fugue de Lucas p.214). L’amour secret de Rosalind pour Thomas le jardinier, l’attention de Linotte pour Carla et Yann les deux lapins sont autant de petits drames quotidiens embellis par la douceur de l’enfance.
Portés par le charme et l’innocence de l’enfance, les personnages de ce roman nous entraînent dans leurs inoubliables vacances à Arundel. Comme dans Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, chaque fille de la famille a son caractère et ses préoccupations. Linotte, la plus jeune, porte des ailes dans le dos, parle aux chiens et aux lapins. Jeanne, comme Jo d’une autre fratrie de quatre sœurs (Les Quatre filles du Docteur March), écrit des romans d’aventure. Skye, la programmatique, a mauvais caractère et joue les garçons. Rosalind, l’aînée, tente de replacer leur mère décédée, et découvre l’amour. Face aux jeunes filles débordantes d’enthousiasme et d’énergie, la terrible Mme Tifton, à l’esprit étroit et mesquin, s’en prend rapidement plein la figure. Dans cet univers féminin, les hommes, souvent doux rêveurs, se laissent entourés par ces dames.
Le roman se déroule dans à une époque incertaine : le charme suranné de l’écriture (« Elle chérissait les visites matinales de Thomas, qui venait arroser le rosier Fimbriata, et les quelques instants qu’ils passaient ensuite à discuter sous la véranda » p. 95) et quelques détails (le pensionnat militaire, la voiture, le téléphone, la mode vestimentaire) le situe dans l’Amérique des années 50, mais l’époque n’a guère d’importance. Ce côté rétro rappelle le roman
Le château de Cassandra de Dodie Smith (Gallimard, 2004).
Un roman frais, porté par la jeunesse, l’optimisme et l’esprit d’aventure des héroïnes. Un bain de jouvence.
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