L'avis de RicochetNihal vit à Salazar, une gigantesque ville-tour située dans le Monde émergé, qui abrite 15 000 personnes. Ce monde connaît une paix précaire car le Tyran, l’incarnation du Mal, veut en entreprendre la conquête avec ses hordes de guerriers.
Nihal a quinze ans ; mi-elfe, mi-humaine, elle est la seule rescapée du massacre qu’a subi son peuple, perpétré par le Tyran. Elle est mince et élancée, a de longs cheveux bleus, des yeux violets et de grandes oreilles pointues. Elle ne rêve que de combats et dirige un petit groupe d’enfants.
Ensemble, ils se font peur et jouent à la guerre avec leurs épées de bois. Nihal espère qu’un jour, son armurier de père adoptif, qui l’élève seule depuis la mort de sa mère, lui forgera une épée, une vraie, une belle, et qu’elle deviendra une guerrière experte et reconnue.
La vie tranquille de Nihal prend fin lorsqu’elle rencontre Sennar, un jeune magicien venu de la Terre de la Mer et que Salazar est attaqué par les troupes du Tyran. Elle ne peut s’échapper que grâce au sacrifice de son père. Nihal choisit alors une voie difficile, celle de la vengeance, celle de la lutte. Elle veut devenir un Chevalier-Dragon et doit, pour cela, intégrer l’Académie, qui forme les élites mais qui n’a jamais accepté de femme dans ses rangs. Animée par une volonté sans failles, Nihal supporte toutes les épreuves, accepte la solitude et l’isolement pour conquérir sa place dans ce monde d’hommes, aidée par son instructeur Ido et par la relation étrange et difficile qu’elle noue avec celui qui sera son dragon, Oarf. Son ami Sennar s’éloigne pour un temps car son chemin est différent. Nihal grandit, s’affirme, tombe amoureuse et connaît ses premières batailles … Nihal et Sennar se retrouveront néanmoins, pour d’autres aventures et d’autres combats dans le Monde immergé, qui nous seront contées dans les volumes suivants.
Ce premier volume se lit avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. L’histoire repose bien sûr sur la lutte classique entre les forces du Bien et du Mal, et nous permet de croiser des peuples et des animaux fantastiques, mais L. Troisi y apporte des éléments originaux et forts et déroule son récit avec beaucoup de maîtrise et de créativité. Parce qu’elle nous parle essentiellement de différence et de la difficulté à trouver sa place dans un monde hostile. En cela, Nihal de la Terre du Vent est aussi un roman d’apprentissage : l’héroïne est d’emblée différente, seule, puisqu’elle est la dernière représentante d’un peuple victime de génocide. C’est une jeune fille qui choisit d’exister dans un monde d’hommes et qui doit conquérir sa place de très haute lutte. Tous ces éléments font que les lecteurs s’attachent à elle et ne la lâchent plus ! Et que l’on a très envie de l’accompagner dans d’autres univers bien sûr.
La fantasy italienne nous offre ces temps-ci de bons romans, qui s’écartent avec bonheur des chemins parfois trop balisés de la fantasy anglo saxonne, en y apportant du rêve, de la poésie et des univers originaux. Licia Troisi en est une preuve éclatante, tout comme Silvana De Mari, à laquelle nous devons deux beaux romans publiés chez Albin Michel jeunesse, dans la collection Wiz, Le dernier elfe et Le dernier orc, ou bien encore Silvana Gandolfi, qui arpente les terres fantastiques ou revisite des endroits magiques de notre planète : L’île du temps perdu, ou Aldabra, la tortue qui aimait Shakespeare, au Seuil jeunesse. Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini... |
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