L'avis de RicochetAprès l’avoir vu dans un café, Béa décide d’écrire à Denis. Elle ne le connaît pas, mais elle envie son insouciance, elle qui a tant de mal à vivre dans un monde où le moindre malheur la heurte. Denis se prête au jeu, séduit puis inquiet quand Béa est par trop envahie d’idées noires.
Il n’est pas précisé si les auteurs, deux dramaturges, ont écrit chacun un personnage ou ont travaillé ensemble la cohérence profonde du roman. Il n’en reste pas moins que l’on imagine bien cette correspondance jouée par deux comédiens sur une scène. Mais à lire, le procédé est parfois un peu outré, et le malaise de Béa sonne trop adolescent pour être crédible. Ses menaces répétées de suicide, par exemple, s’ils sont autant d’appels à l’aide, jouent sur la corde sensible de Denis qu’elle considère comme acquis alors que c’est un parfait inconnu. Lorsqu’on veut en finir, le répète-t-on vraiment tant ? Ses logorrhées sur les malheurs du monde devraient logiquement agacer Denis qui répond avec patience voire compassion. Ce dernier est globalement long à réagir, à chercher aussi la véritable identité d’Elisabeth qui fréquente pourtant la même université que lui. Les coupures des lettres pendant les vacances, la décision finale de se taire d’Elisabeth/Béa rattrapent cependant la réalité toujours en demi-teinte de la vie. Les deux jeunes gens ne deviendront pas forcément amis ou amants, et on sait gré aux auteurs d’avoir évité une fin obligée. De toi à moi est un roman que l’on sent sincère, mais écrit parfois à la limite du pénible ; on peut imaginer qu’il lui manque une colonne vertébrale, une intrigue plus forte pour davantage entraîner le lecteur. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : MijadeLa maison d'édition Mijade est née en 1993 du rêve de son fondateur, Michel Demeulenaere. Mijade, c'est une équipe ...de trois personnes. Michel circule dans les foires spécialisées et détermine les choix éditoriaux. Il prend en charge la partie commerciale et administrative des éditions. Laurence... |