L'avis de RicochetOskar, 16 ans, vit avec sa famille dans une petite ville américaine. Il va au lycée, fait de la musique rock avec son frère, Jeremy, 18 ans. Ce dernier, en recherche d’emploi, s’engage brutalement dans l’armée, pour construire des ponts. Mais ses talents de tireur sont vite repérés et il est envoyé en terrain de guerre. Là, il découvre l’horreur, la peur ; les mails qu’il envoie à Oskar se finissent tous symboliquement par « be safe » (« reste en vie »). Lors d’une permission, Jeremy, aidé de sa grand-mère, prend va prendre une décision irrémédiable…
Ce n’est pas le premier roman sur une guerre contemporaine de Xavier-Laurent Petit : la guerre d’Algérie avec L’Oasis, le conflit bosniaque avec Fils de guerre… ont précédé Be Safe sur la guerre en Irak, brûlant d’actualité. A chaque fois, dans un pays indéfini mais avec suffisamment d’indices pour l’identifier, un jeune héros relativement en position d’observateur voit son environnement bouleversé, sa famille disloquée, meurtrie. Face à des événements monstrueux mais incontrôlables, il va falloir qu’il trouve une place et un sens à sa vie. Mais Be Safe va plus loin, en complexité de l’intrigue, et en « subversion » de son message. D’abord, le roman ne se passe pas au milieu des événements, mais à l’arrière, à des milliers de kilomètres. Ce qu’on sait des combats passe à travers les messages de Jeremy, et l’horrible contraste violemment avec la douceur d’un quotidien occidental. Une mise en relation avec le passé secret du père, ancien du Vietnam, intervient alors pour donner plus de corps au récit. C’est ce personnage qui montre les sentiments les plus ambivalents et les plus intéressants envers Jeremy, alors que le narrateur Oskar n’a qu’une idée vague - télévisuelle, pour tout dire - de la situation de son frère. Oskar est finalement assez fade, simple raconteur, qui continue à vivre sans prendre position, et à aimer une fille beaucoup plus active envers (contre) la guerre que lui. Quant à l’aspect provocateur de la fin, que je ne dévoilerai pas, il atteint un degré explicite comme jamais chez l’auteur, qui a su concilier sobriété des faits et position anti-militariste avec beaucoup de talent. Tout se passe en quelques pages où la vie gagne sur la folie, où la famille se resserre contre l’Etat. Le lecteur est bluffé, captivé par ce superbe roman écrit avec simplicité et finesse, destiné sans nul doute à devenir un classique. Une seule question : quand osera-t-on le traduire aux Etats-Unis ? Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Ecole des Loisirs (L')En marge de la maison d'édition scolaire "L'Ecole", Jean Fabre crée en 1965 les éditions de L'Ecole des Loisirs. Avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, ils vont constituer, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l'édition de jeunesse, venant du monde entier, qui leur permettra d'imposer leurs... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)ce livre m'a emporté dans ce monde de guerre, d'amour, d'inconscience, de mensonges et de vérités...
il est génial!
Bizouux.
J.
A lire d'urgence
Il mélange un sujet "grave" et un plus léger, un livre très émouvant
A lire très très vite avec d'autres (Fils de Guerre, L'oasis) du même auteur, qui parle d'un thème proche
Mais sinon le livre raconte surement une histoire vraie. En conclusion achetez le!