L'avis de RicochetLe narrateur fait la rencontre de Nénuphar Grigrimaldit, étrange personnage atteint de la maladie de Gilles de la Tourette, qui l’amène à ponctuer chacune de ses phrases d’une bordée d’insultes. Nénuphar entraîne le narrateur à partir pour une mission inconnue dans la Principauté du Prince Régnait. Une fois sur place, après un beau voyage en moquette volante, la pauvre victime se rend compte que Nénuphar doit faire partie de la famille gouvernante, composée donc de Régnait, mais aussi d’Adalbert, d’Epiphanie et de Scaramoche… Pris dans un coup d’Etat, il se sauve in extremis de la rocambolesque situation.
Christophe Léon montre ici un caractère de grand joueur, amateur de variations sur les mots. Il pratique entre autres le détournement de noms propres et d’expressions (« des vertes, des pas mûres et des carrément faisandées », p. 26), l’accumulation – beaucoup -, l’homophonie complète ou quasi (« la grippe épagneul », p.18)… Ses connaissances des classiques français, de Baudelaire à Alain Souchon, ne sont pas à prouver. Il a une imagination débordante, créant un monde loufoque et absurde où les guerres se font avec des bombes de cocottes en papier. Son sens de la mise en scène se traduit avec un narrateur partie prenante de l’histoire, qui interpelle le lecteur, souvent complice : « Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand l’auteur nous décrit les paysages et les gens, je bâille […] », p. 32), qui digresse volontiers et cite ses grands-parents en fin de chapitre. La quatrième de couverture de l’ouvrage présente l’auteur comme un parent de Goscinny, Vian ou Queneau. J’y rajouterai Pef, et pourtant… Il manque une certaine poésie, un charme intemporel. Certes, le texte est drôle, volontiers satirique et plus ou moins dénonciateur, et on ne peut qu’applaudir à toutes les inventions langagières. Mais la trop grande concentration de second degré fatigue la lecture : une forme courte aurait été plus agréable. A réserver à des initiés. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Alice éditionsAlice Éditions, née en 1995, a été fondée par Michel de Grand Ry, éditeur depuis 1976.
Alice Jeunesse, département de Alice Éditions, dirigé par Dominique Maes, est né au printemps 2001. S’inscrivant dans la longue tradition de l’édition belge d’illustration dont la réputation a été consacrée par les plus... |