L'avis de RicochetJojo est un « soloboy » : il vit seul, n’a pas d’ami(e)s, ses parents sont partis en vacances. Il rencontre Anita, fée aux abois, et accepte de garder quelques heures sa mère Jilette. La vieille femme disparaît (il lui reste tout de même quelques petits pouvoirs !), Jojo part à sa recherche. Il va de la forêt de la Grande Peur à une clinique de désintoxication pour héros, retrouve Jilette dans son cœur, expérimente l’amour avec Sandra…
Le ton est au décalage. D’un côté, un vocabulaire jeune qui flirte avec le vulgaire, une certaine crudité avec des allusions sexuelles, des personnages de contes et légendes détournés vers le sordide ( Billy Juan Poucet, dit le P’tit est alcoolique, Blanche-Neige obèse, Batman dépressif chante Ferré…), de l’humour incisif toujours, voire de l’absurde par moments. D’un autre côté, une syntaxe soutenue (rimes, constructions inversées), de la poésie - par exemple quand l’action se situe littéralement dans le cœur de Jojo -, de la sensibilité avec cette idée de la « Grande Peur » qui symbolise les angoisses profondes de chacun. Le mi-chemin constant entre la réalité pas très gaie et le merveilleux a priori insouciant est parfaitement incarné avec le personnage d’Anita, fée mais néanmoins soumise à des exigences domestiques (ah, ce fameux RMI, Revenu Magique d’Insertion). Cette construction insolente assure à Stéphane Jaubertie une attention certaine de son public, lui permettant de développer son personnage de Jojo. Celui-ci a peur de se confronter aux autres, craignant de devoir passer sans transition de la rencontre à l’amour physique, préférant la sécurité du « soloboy » qui néanmoins le rend mélancolique. Poussé fortement par Billy Juan, aiguillé par les conseils glanés à la clinique du docteur Kéjdi Demal, Jojo va oser plaire à Sandra et entrer de plein pied dans sa vie d’adolescent. L’épisode avec la fée Jilette qui a peur de la mort est évidemment déclencheur : Jojo découvre quelqu’un qui a les mêmes frayeurs mais en inverse, et qui parvient à les surmonter, de surcroît grâce à lui. Très riche formellement, la pièce est donc aussi une jolie leçon de vie par un auteur très doué, à suivre. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Editions ThéâtralesCréées dans les années 80, les éditions Théâtrales sont aujourd’hui l’une des plus importantes maisons d’édition spécialisées dans le théâtre contemporain. Leur démarche est de faire découvrir des auteurs et des textes contemporains qui n’ont pas encore été publiés ou montés. Leur catalogue comporte une... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
Cette pièce de théâtre ne m’a pas inspirée grand-chose. On passe d’un moment à l’autre trop rapidement. J’ai eu du mal à me représenter les personnages dans ma tête. J’aurais aimé davantage de description pour Blanche-Neige car elle est drôle.
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
J’ai eu de la joie à lire cette pièce, de la tristesse et des surprises. Le style est amusant et les personnages grossiers. L’image de la première de couverture peut représente un ballon, le monde, ou le ventre d’une maman enceinte. Coup de Coeur pour ce livre !
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
Cette pièce de théâtre est enchantée. J’étais un peu perdue quand Jojo a retrouvé Mémé (Jilette) dans son cœur : cela m’a vraiment choquée. Je me suis posé plein de questions ! Comment a-t-il pu faire ? Est-ce une expression ou est-ce réellement vrai ? Je ne l’ai pas encore résolu.
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois
C’est un livre de poche sans illustration sauf sur la première et quatrième de couverture qui représentent un ballon de baudruche : bleu pour les océans et les mers, vert pour les terres et jaune orangé pour le soleil et ses rayons. Je pense que s’il y avait une morale ce serait que même les grandes personnes ont des peurs et que si on est deux à avoir peur, c’est bien de s’entraider. J’ai ressenti de la joie et de la tristesse en lisant. Au début, l’histoire n’est pas passionnante mais peu à peu elle m’a intéressée. Si je devais choisir mon personnage préféré, ce serait Jilette, très vieille et passionnante de plus en plus au fur et à mesure des chapitres.
Club Jeunes Lecteur d'Aulnay sous Bois