L'avis de RicochetAnnabelle est une lycéenne américaine qui a tout pour être heureuse : des parents aimants et deux sœurs aînées brillantes, de bons résultats scolaires, un physique qui lui permet de faire un peu de mannequinat… Les apparences peuvent être trompeuses, et la famille cache en fait un secret douloureux : une des sœurs est anorexique. Pour ne pas peiner davantage sa mère, Annabelle décide de garder pour elle toutes ses angoisses, qui ne sont pas des moindres. Arrive alors dans sa vie Phil, un garçon solitaire et féru de musique « alternative », qui va lui apprendre à être honnête avec elle-même et les autres.
Sur un modèle similaire à Cette Chanson-là, Sarah Dessen met en scène une narratrice qui, sous des dehors jeunes et jolis, dissimule des fêlures qu’un garçon en marge va peu à peu réussir à guérir, en particulier à l’aide de la musique. Il s’agit donc d’une variation, réussie car l’auteur est fine et sait se glisser dans l’univers spécifique qu’elle a choisi pour son héroïne. Des thèmes graves sont abordés simplement (troubles alimentaires, viols), avec l’idée, présentée positivement, que la vie est ce qu’elle est et qu’on est responsable de son avenir. Une antienne intrigante se répète, distinguée en italique (« Chut, Annabelle, ce n’est que moi. ») ; l’histoire joue alors d’un suspense habile et le lecteur ne découvre la source des inquiétudes d’Annabelle qu’aux trois quarts du roman. Mais l’auteur n’en abuse pas, l’évolution de la relation amicale-amoureuse entre Annabelle et Phil étant suffisante pour motiver l’intérêt du lecteur. C’est peut-être le trait le plus marquant de l’écriture de Sarah Dessen, et qui distingue ses romans des autres productions « pour filles » : elle n’insiste jamais, estimant à juste titre que le suivi linéaire de la psychologie de ses personnages parle de lui-même. Et elle excelle dans le rendu des sentiments, fonctionnant souvent par des retours en arrière enserrés dans une situation de la vie quotidienne, et qui occupent tout le chapitre. Cependant, on peut craindre qu’une troisième mouture commence à mal supporter le jeu des différences : à voir. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini... |
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