L'avis de RicochetDurant le trajet en car qui le ramène à la pension, plus ou moins en proie au mal des transports, Pierre se souvient. Il s’est enfui du collège en mettant le feu à la cabane d’un professeur surnommé Duraton. Pierre avait raté son car pour rentrer chez lui à cause d’une punition collective injuste, et Duraton voulait le consoler… de très – trop – près.
Récit d’un adulte à propos du petit garçon qu’il fut, Mauvais Coup mélange subtilement sentiments de l’enfant au moment des faits et réflexions a posteriori, grâce à l’emploi tout du long d’un présent simple qui glisse d’une époque à l’autre. Le long monologue intérieur du jeune Pierre dans le car s’apparente à une sorte d’exorcisme face à un événement traumatisant. Pierre ne réalise cependant pas bien ce qui s’est passé ; innocent – dans tous les sens du terme -, il renverse les responsabilités et culpabilise d’avoir mis accidentellement le feu à la cabane. Mais soutenu implicitement par son père et un vieux religieux du collège, ayant échappé au pire, notre narrateur passera rapidement à d’autres épisodes de sa vie de pensionnaire, reléguant l’aventure dans un coin de sa mémoire – l’adulte nous explique qu’il aura fallu une éditrice en quête d’auteurs pour l’en sortir. La langue est savoureuse, vivante, pleine d’expressions idiomatiques (« J’ai fait un coup de mes mains », p. 56) et d’humour (« Hein ! Comme on dit dans les romans, « je n’étais pas au bout de mes surprises ! », p. 225). A elle seule, elle dédramatise ce qui aurait pu marquer négativement et de façon durable la vie de Pierre et donne à l’ouvrage toute son originalité pour un sujet traité la plupart du temps sur le mode de la gravité. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : La Martinière jeunesse Dès leur création, par Béatrice Decroix en 1995, les Editions De La Martinière Jeunesse innovent en proposant des essais qui répondent aux questions des adolescents. Pionnières en la matière, les collections « Oxygène », « Hydrogène » et « Ados »... |