L'avis de RicochetSolti et sa mère Mary viennent de Paris visiter Berlin. Au cours d’un concert géant pour la paix, Mary disparaît. Solti, perdue, est recueillie par un jeune musicien et un couple d’artistes punks. Leur enquête les mène au cœur du passé de Mary, ancienne militante anarchiste, un temps clandestine. Et ils découvrent que ses ex-compagnons ont presque tous cédé à l’appel de l’argent, voire du néo-nazisme ! Au prix de bien des dangers, des ruses, et de l’utilisation habile des nouvelles technologies, les jeunes gens délivrent la mère de Solti.
Sylvie Deshors est une habituée des sujets dérangeants, qui remuent les préjugés. Elle réalise ici une incursion pessimiste dans les bas-fonds du néo-nazisme. Intelligemment, comme pour mieux montrer le caractère insaisissable du phénomène, on ne le vivra pas de l’intérieur, mais à ses bords et contre lui, au sein de courants alternatifs fondamentalement humanistes. Une jeune fille ignorant tout de la question se retrouve plongée dans des milieux plus ou moins légaux, narratrice un brin innocente (on a du mal à croire qu’elle n’appelle pas la police et fasse confiance à un garçon dont elle ignore tout) et surtout très adolescente dans son comportement. Elle raconte les événements en phrases courtes, hachées, souvent nominales, qui finissent par agacer un peu même si elles sont certainement censées traduire l’urgence d’une situation chaotique : « Je brûle d’impatience. J’implose. Des picotements dans tout le corps. Nels, qui a attendu le plus tard possible pour nous laisser, doit partir jouer. Il me pose un casque sur les tempes. Sons aériens. Fracturés. Doux et rebelles. Assemblés par lui. Mes yeux le remercient. » (p. 164). Certains personnages pourraient être un peu caricaturaux, telle l’artiste Laurie aux scarifications et tatouages, mais demeurent possibles dans le sens où on les voit vivre dans un quotidien concret (où ils prennent le petit déjeuner, par exemple). Il n’en reste pas moins une enquête de style énigme/poursuite bien rythmée et moderne dans ses moyens, Internet étant devenu indispensable à toute recherche. Alors que la mère de Solti voulait changer le monde de manière violente, sa fille use du web et de la vidéo pour simplement vivre tranquille. Ce constat de retournement à 180 degrés, d’impuissance volontaire ou non n’exclut pas tout espoir, mais Sylvie Deshors pointe le doigt sur les efforts à faire dans nos sociétés hyper-individualistes pour imaginer un futur vivable… Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : RouergueLe département jeunesse des éditions du Rouergue a été créé en 1994 par Olivier Douzou juste après la parution de son premier album, Jojo la Mache. Auparavant, Olivier Douzou, alors salarié d'une agence de graphisme parisienne, avait réalisé la mise en page de plusieurs ouvrages des éditions du... |
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