Avaler la terre vol.2


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Avaler la terre vol.2

Avaler la terre vol.2

Auteur : Osamu Tezuka
Editeur : Milan
Collection : Kankô
Août 2006 - 6,95 euros
Bande dessinée à partir de 14 ans
Ce livre fait partie de la sélection de Ricochet

L'avis de Ricochet

Dans le tome 1, Zephils meurt, humiliée par l’homme qu’elle aimait. Elle fait jurer à ses sept filles de venger sa mort, en détruisant l’argent, les lois, la morale et les hommes. Les sœurs, liées par ce pacte, créent la peau synthétique, le dermoïde Z. Derrière sept silhouettes irrésistibles et totalement identiques, réunies sous le nom de Zéphirus, elles entament leur œuvre. Un jeune homme, Gohonmatsu, est chargé d’enquêter sur Zéphirus.
Le dermoïde Z se répand, tout le monde peut changer d’apparence, les usurpateurs se multiplient, et le chaos apparaît. Puis Zéphirus répand des tonnes d’or à travers le monde. Les hommes s’entretuent, les marchés s’effondrent. Les puissants tentent de mettre fin au complot tout en protégeant leurs intérêts personnels. Seul Gohonmatsu reste fidèle à lui-même : généreux et fort, il est aussi franchement alcoolique et simplet. Les charmes de Zéphyrus le laissent de marbre, il n’a que faire des femmes. Cette résistance séduit l’une de sept sœurs, Milda, qui rompt la promesse faite à sa mère pour protéger Gohonmatsu. Le monde s’écroule finalement, laissant quelques survivants revenus à l’âge du troc et des conquêtes.

On ne présente plus Osamu Tezuka, père du manga et de l’anime. Il signe Avaler la terre en 1970 au Japon. Ce manga en deux tomes est à la fois terrifiant, puisqu’il décrit la fin de notre monde en quelques étapes, mais aussi plein d’humour, grâce au personnage décalé de Gohonmatsu. De ce mélange naît un sentiment de cynisme totalement délirant et très réussi.

La politique des hommes, gouvernée par la corruption, la manipulation et l’argent, ne résiste pas à la vengeance des femmes, qui détruit tout point par point, en utilisant les points faibles du monde patriarcal : l’identité, l’argent et le sexe.
Le rythme narratif est rapide, des situations plus étranges et désespérées les unes que les autres se succèdent. Le manga est découpé comme un opéra tragique, les chapitres portant des mouvements : « valse rhapsodie », « intermezzo » etc.

On ne peut que saluer l’imagination débordante et en même temps la patte visionnaire de Tezuka, dont le talent fait une fois de plus mouche dans ce manga génial.

Cécile Gaultier
Voir la chronique de Cécile Gaultier

L'éditeur : Milan

Installé à Toulouse, Milan est d'abord un groupe de presse spécialisé dans la presse enfantine. Il est fondé par Patrice Amen, Bernard Grimaud, Alain Oriol et Michel Mazériès.

Les magazines se déclinent selon les âges : pour les plus petits, Picoti (9 mois à 3 ans), Toupie (3 à 5 ans, créé en...