L'avis de Ricochet1943, Pologne. Hanna Mai est médecin, juive. Elle vit avec ses deux filles, Minna, 16 ans, et Malka, 7 ans. Elle refuse de se cacher des Allemands, mais est forcée de fuir en Hongrie le jour où elle manque d’être prise dans une rafle. Malka tombe alors malade et Hanna se sépare d’elle, le passeur ayant promis de la conduire à Budapest dès que possible. Malheureusement, celui-ci prend peur et Malka va rejoindre le ghetto juif de Varsovie. Elle survit comme elle le peut, tandis que sa mère se lance à sa recherche. Si les corps se retrouveront bien, qu’en sera-t-il des esprits ?
La Promesse d’Hanna, inspiré de faits authentiques, fait l’objet d’un solide travail littéraire. La matière est poignante, Mirjam Pressler la transcende pour en faire une sorte de réflexion universelle sur l’enfance. Le régime nazi servirait en effet ici d’une sorte de toile de fond pour laisser la place aux insensibles évolutions psychologiques de Malka. Un narrateur suit tour à tour Malka et Hanna, faisant siennes leurs sensations dominées pour l’une par la peur, pour l’autre par la culpabilité. Malka est observée d’un point de vue complètement extérieur, comme si elle ne pensait plus à rien. Ce faisant, le lecteur dissocie peu à peu la mère et la fille : la recherche d’Hanna est un fil secondaire. Le récit hyper-réaliste du périple de la petite fille de 7 ans n’épargne aucun détail, du mort auquel elle prend les vêtements pour avoir chaud aux maux d’estomac dus à une mauvaise alimentation. Evidemment, elle en ressortira changée, même si le lecteur ne le perçoit pas sur l’instant. On croise de nombreux personnages – des civils -, la plupart faibles, parfois sciemment cruels. D’une manière générale, les adultes ne sont pas à l’honneur et la petite Malka est plus humaine qu’eux. Il n’y a pas de chapitres dans ce long récit découpé en sept mois, ni de coupures sensibles : les jours horribles s’étalent sans fin… La fin abrupte, par laquelle on prend enfin conscience de la distance avec le réel que Malka a pris pour survivre, est particulièrement marquante, digne d’une grande auteure allemande. A noter le petit lexique final. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
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C'est le seul petit bémol
ohhhhhhhhh!!
miraculeux !!