L'avis de RicochetDans un monde imaginaire pas si loin du nôtre, la pensée libre est interdite, de même que les livres et les films. A l’école, des couleurs d’uniforme distinguent l’élite des moins intelligents. Max est surveillé de près : il a perdu la couleur de l’élite. Ses amis, sa mère lui tournent le dos. Il a choisi de fréquenter en secret le vieux Félix, gardien dans sa vieille boutique de toute une culture interdite. Par ce biais, Max retrouvera son père et entrera dans la dissidence.
Utiliser une métaphore pour parler du racisme, le procédé est classique. Yaël Hassan exploite la couleur des habits (pour brouiller les pistes, le brun n’est pas le meilleur…). Elle emprunte aussi, et le revendique habilement en l’introduisant comme agent de l’action, à Fahrenheit 451 de Bradbury, Seul dans Berlin de Hans Fallada. Le résultat est à la mesure des références : un univers cloisonné, étrange, abruti par la peur et friand de dénonciations. L’intrigue est de qualité mais sans grandes surprises, les jalons de compréhension nombreux rendent la fin assez prévisible. C’est certainement ce qui convient à un ouvrage qui se veut avant tout une dénonciation des régimes autoritaires : le message passe. L’écriture, comme toujours chez Yaël Hassan, « coule » pour une lecture à la fois facile et de qualité. A proposer sans hésiter dans le cadre du sujet.
NB : dans le même esprit, on peut lire le fameux petit Matin Brun de Franck Pavloff, succès inattendu de Cheyne Editeur. Cette nouvelle de 10 pages (vendue 1 euro) imagine l'Etat Brun, où tout ce qui n'est pas de cette couleur est purement et simplement éliminé. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : CastermanCréée en 1780 par Donat Casterman, cette entreprise d'imprimerie et d'édition se succède de père en fils depuis plus de deux siècles. En 1934, Louis Casterman prend le relais du Petit Vingtième pour la publication en recueil des Cigares du Pharaons, le quatrième épisode des aventures de Tintin... |
L'avis des internautes
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Je remercie énormément Yaël Hassan pour ce " petit chef d'oeuvre " !