L'avis de RicochetUne belle histoire (où les allusions aux contes classiques sont légion) sur les difficultés d’intégration, inspirée par l’auteur lors d’une rencontre avec un ami, d’origine coréenne, qui avait été adopté et élevé par des Américains. Maman Canne couve lorsque, soudainement, arrive un œuf plus gros que les autres. Naissent trois canards, l’un tacheté de bleu, l’autre zébré, le dernier jaune. Le quatrième, un petit crocodile, pousse de petits cris et est vite surnommé Bili-Bili. Mais pour Maman Cane, il n’y a pas de différence entre ses quatre enfants, même si, au fil du temps, Bili-Bili s’avère plus dégourdi que les trois autres. Jusqu’au jour où trois terrifiants crocodiles, méchants et affamés, lui révèlent ses véritables origines et le somment de manger les canards. Grâce à son astuce et son jugement, le jeune Bili-Bili, ce « crococanard », saura déjouer tous les pièges et rester fidèle à ceux qui l’ont accueilli. Par des mots simples, par un graphisme expressif, où le blanc et le noir s’entremêlent, où le gris est partout présent, l’auteur arrive à capter l’attention du jeune lecteur et à jouer sur les sentiments. Les ombres et les reflets renforcent cette impression de déchirure, de fracture non énoncée. Même si le thème a depuis longtemps été éprouvé, cet album lui apporte une autre dimension et se lit avec plaisir et émotion. L'éditeur : CastermanCréée en 1780 par Donat Casterman, cette entreprise d'imprimerie et d'édition se succède de père en fils depuis plus de deux siècles. En 1934, Louis Casterman prend le relais du Petit Vingtième pour la publication en recueil des Cigares du Pharaons, le quatrième épisode des aventures de Tintin... |