L'avis de RicochetEmily et Carl se connaissent de puis l'enfance. Ensemble, ils ont inventé tout un univers, le Pays du Verre (Carl fait la collection d'objets en verre), dont ils écrivent les histoires, réfugiés dans leur cabane au fond du jardin de Carl. Emily a toujours pensé qu'elle épouserait Carl. Mais maintenant qu'ils ne fréquentent plus le même collège, la jeune fille sent que son ami s'éloigne d'elle. Vers quoi ou vers qui ?
La narratrice Emily raconte d'abord sa vie quotidienne : la cohabitation avec une mère seule et un peu copine qui essaie de refaire sa vie, la difficulté de se faire des amies au collège, les premières soirées alcoolisées, l'oscillation entre enfance et âge adulte, la préoccupation, sinon de la sexualité, du moins du petit copain, etc. Jacqueline Wilson, comme à son habitude, prend le temps de composer un personnage et son contexte avec un soin minutieux mais naturel, une justesse extraordinaire. Sur cette trame se greffe, omniprésente, la relation avec Carl. On ne voit ce personnage que par intermittences ; il est largement raconté par Emily. Et le lecteur sait qu'elle a beaucoup d'imagination, notamment à travers les histoires enfantines du roi Carlos et de la reine Emilia au Pays du Verre. C'est pourquoi l'explication de l'attitude de repli de Carl n'apparaît qu'à la fin du roman : Emily se doutait de ce qui se passait, mais, toute à ses espoirs , ne l'a jamais laissé transparaître dans son récit des événements. Toute la subtilité du roman est dans ce double discours, cette version de la narratrice à lire entre les lignes (les aventures du Pays du Verre sont largement le reflet de ses préocuppations dans le monde réel). Acceptation de l'homosexualité (Carl), découverte d'une nature généreuse sous une attitude provocatrice (Miranda), abandon de ses rêves d'enfant (Emily) : l'adolescence dans toute sa complexité jaillit sous la plume de la talentueuse Jacqueline Wilson : à lire et faire lire. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
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