L'avis de Ricochet C’est avec audace et créativité que Elsa Valentin et Ilya Green ont revisité « Boucle d’or et les trois ours » rebaptisé « Bou et les 3 Zours. ». Un texte décalé qui se joue de la langue et s’amuse des sonorités et une illustration japonisante aux couleurs vives qui respecte l’essence même de ce conte si connus des tout-petits. On y perd rien, on y retrouve tout, on y découvre même un peu plus : une nouvelle façon de lire et de ressentir ce conte. Parce que de cette version contemporaine, on retiendra avant tout cette langue tout à la fois étrange, familière et farfelue inventée par l’auteure qui joue avec les sons et les sens. Une langue à mi-chemin de l’argot et du babillage enfantin qui se prête à merveille à la lecture à voix haute dans le prolongement même de la tradition orale qu’est celle du conte.
Voici quelques extraits choisis pour vous donner envie de découvrir cet album :
« L’était une fois une petite Bou qui livait avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores. »
« Bou continua à caminer et encontra le scureuil qui lui donna des tutti frutti… le risson qui lui montra des champinons… et l’abelle qui lui offrit du mel. »
Et pour le plaisir des plus petits que ce passage amuse à chaque fois :
« Kik’a gousté ma sop ? s’excrilla Grantours. Kik’a gousté ma sop ? s’excrilla à son tour Mediours. Kik’a gouglouté toute ma sop ? pleurnicha Chtitours. » (A.G.)
Seconde critique :C’est une histoire que l’on connaît par cœur - celle d’une petite curieuse qui se perd dans la forêt et pénètre dans la maison des 3 ours- mais qui se raconte ici avec une fraîcheur totalement inattendue, grâce à la langue, très libre, d’Elsa Valentin. Elle nous concocte un joyeux mélange de mots-valise, de néologismes, de mots aux consonances poétiques, avec des accents de langues étrangères ; le tout dans des expressions tour à tour enfantines, familières et même soutenues... On s’habitue très vite et l’on prend plaisir à ce jeu de langage -appuyé par une structure répétitive- qui invite spontanément à une lecture à voix haute.
L’illustration n’est pas en reste : Ilya Green qui nous avait habitués avec Olga, au trait noir épuré, manie ici avec brio les couleurs à la fois vives et profondes dans une juxtaposition de formes qui donne une densité incroyable à la forêt. Que dire de Bou... Avec ses grands yeux clairs, elle passe de l’émerveillement à la frousse mais meurt d’envie, malgré tout, “de retourner viser les zours”. Et nous de replonger dans cet univers délectablement dépaysant. (Croqu'livre) Anne Godin Voir la chronique de Anne Godin
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L'éditeur : Atelier du Poisson solubleFondé en 1989 par Olivier Belhomme et Stéphane Queyriaux, l'Atelier du Poisson Soluble ont fêté en 2004 leur 15 ans d'édition. Du plus classique au plus graphique, leur catalogue est une vraie malle aux trésors et se veut résolument éclectique allant du conte aux albums, en passant par des recueils de... |
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