Aller au contenu principal
Espace publicitaire
Fermer

Le Voyage de Benjamin

Gérard Wajcman
Théâtre
à partir de 9 ans
: 2742769447

L'avis de Ricochet

Benjamin vit à Boulba, petit village perdu dans la Russie. Parce qu’il est méprisé en tant que Juif, parce qu’il a envie de voir le monde, Benjamin quitte Boulba avec Senderl, qui ne supporte plus sa femme. Après la cité de Yorquenou, un passage comme esclaves dans une usine, et les conseils de Christophe Colombo, Benjamin et Senderl arrivent à Baboul, où « c’est Boulba mais très très loin de Boulba » (p. 59). Benjamin a compris : le fameux Pays du Monde Meilleur est celui où la population vit en harmonie malgré ses différences.
Gérard Wajcman est né après la Seconde Guerre Mondiale, mais celle-ci a fortement marqué sa famille juive, comme il l’explique en postface, et la pièce en contient toutes les résonances. Le héros Benjamin est un petit enfant qui apprend d’abord l’autonomie – dépasser la peur du noir, être curieux de son environnement – puis la citoyenneté, au cours de son voyage. A la recherche d’un Monde Meilleur (une utopie livresque), il découvre la simplicité de la tolérance, de l’acceptation de soi et des autres pour une vie en harmonie. Compagnon discret, Senderl sert de témoin à ces leçons, et apporte une note d’humour avec sa maladresse et la peur de sa femme. La mise en scène de cette petite pièce est facilitée par le personnage de Madame Laconteuse, a priori off : comme son nom l’indique, elle situe l’action, résume les ellipses du voyage. Mais il arrive qu’elle dialogue aussi avec Benjamin afin de mieux expliquer les situations au spectateur, et qu’elle participe aux aventures comme un autre protagoniste : la mise en abyme qui permettra de réfléchir aux conventions théâtrales. Un texte classique mais plaisant et intelligent.