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La vitesse sur la peau

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 13 ans
: 9782812611094
11.50
euros

L'avis de Ricochet

« Mieux vaut un alibi qu’un cagibi. » Cette pensée sibylline est celle d’Elina, l’héroïne de La Vitesse sur la Peau. Au terme de son cheminement après un an de deuil, de refus de vivre, enfermée dans son cagibi intérieur, elle accepte de renouer avec la vie, les autres, de reprendre langue avec le réel.

Après la mort accidentelle de sa mère, l’adolescente perd la parole ou plutôt refuse le langage et le commerce avec les autres, ses professeurs, ses camarades de classe, son père, tous démunis face à ce mutisme. Sa grand-mère est la seule personne avec qui elle accepte volontiers de communiquer, symbole de transmission et lien avec la mère disparue.

Au Jardin des Plantes, son unique refuge, sur un banc, au creux des arbres, elle trouve l’apaisement dans un dialogue avec la morte et avec la nature, jusqu’au jour où elle se met à courir. Besoin irrépressible d’aller de l’avant, malgré ce qu’elle affirme, ou de s’abîmer dans la course, dans l’ordre inverse des aiguilles d’une montre, pour refuser le temps qui avance ? Elina s’absorbe dans cette activité, aidée en cela par Violette, mystérieuse marathonienne en fauteuil roulant, personnage arrêté qui pourtant lui donne l’élan.

Si on peut trouver un peu miraculeuse la rencontre avec Violette, qui boucle la question de la mort de sa mère, la construction de l’intrigue tendue de Fanny Chiarello est riche en questionnement sur la culpabilité et l’innocence, la responsabilité. L’auteure excelle à enchaîner les péripéties, varier les lieux et on ne s’ennuie jamais à suivre Elina dans les méandres de sa pensée. Car la clé de voûte du roman est le beau personnage d’Elina, d’une grande justesse, forte et faible, têtue et parfois injuste (à l’égard de son père, de ses profs). Tout est vu à travers son regard acéré et quelques points sur lesquels elle revient sans cesse : un tableau de Dufy qui l’interroge, la question du langage articulé et inventé, construisent un roman dense, parfois dur. Comment affronter la mort d’un proche, trouver un sens à la vie ? Les questions métaphysiques affleurent, en se cognant, et Elina éprouve l’absurde. Roman sur l’inquiétude de vivre, il propose des images positives de la vieillesse plus que des adultes comme si, proches de la mort, certains combats dépassés, la vie gagnait du relief. Un beau roman pour adolescents, vibrant et fort.

Présentation par l'éditeur


Depuis que sa mère est décédée dans un accident de la circulation, Élina se tait. Son périmètre s’est réduit : elle va du collège au domicile de son père, en passant par le jardin des Plantes. C’est là, sur un banc, qu’elle rencontre Violette, une femme en fauteuil roulant, qui lui rend les mots et lui apprend même à courir.