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A la renverse

Théâtre
à partir de 13 ans
: 9782330037321
15.00
euros

L'avis de Ricochet

Gabriel et Sardine, un garçon, une fille, se retrouvent deux fois par an dans le Finisterre, au bout de la terre, au bout du monde « la finisse terre ou la commence mer ». Au fil du temps, les deux enfants devenus ados puis adultes s’attachent l’un à l’autre ; se déprennent, se retrouvent.

Trois thèmes s’entrelacent dans cette partition très musicale : le temps, l’un et l’autre, l’ici et l’ailleurs. Méditation sur le temps qui passe, les sept mouvements de la pièce sont rythmés par le carnaval de février et les vacances d’été. Souvenirs égrenés au fil des âges, de l’enfance à l’âge adulte avec les « jeux » qui correspondent : châteaux de sable ou groupe de rock. En quelques tableaux Karin Serres croque des scènes de plage ou des fureurs musicales punk et on passe ainsi du nostalgique au trépidant en deux temps, trois mouvements.
Variation sur le moi - ici et l’autre - là-bas, lorsque Sardine regarde la mer, elle pense à New York, à l’Amérique du Sud. Gabriel qui vient de l’est de la France lui, est arrêté par la mer. Entre Gabriel et Sardine/Sandrine est figurée la tension entre la pesanteur, lui le garçon de la terre, de l’est, de l’ici-bas et elle, l’envol fille de la mer, fille de l’air, du voyage, de l’ailleurs.
Dans ces jeux de face à face, la figure de la « renverse » est centrale. Physiquement, plusieurs chutes de Gabriel servent de nœuds dans la pièce. La première, lors du carnaval ouvre la pièce ; la deuxième fois, Gabriel joue au chien et la dernière fois, Gaby devient charpentier de marine et Sardine part pour un doctorat de physique à 800 km, l’accident de Gabriel est comme une réponse …
La chute ; tomber à la renverse ; une situation renversante comme dans culbuto, les personnages figurent deux extrêmes. Dans la tradition l’homme prend le large. Dans cette pièce, rôles inversés, et l’autre là-bas, de l’autre côté est comme un reflet, un miroir, identique et différent.
Entre chansons de cowboys et complainte bretonne, la musique et la chanson occupent une grande place dans cette écriture poétique. L’image du jokari, la balle frappée part loin mais retenue par un fil fin, revient, imprime le mouvement du texte. A la fois ancrage breton grâce aux mots, aux anecdotes et respiration universelle, comme les mouvements de la mer, on suit les héros et leur aventure entre aspiration à l’envol et réalité terre-à-terre. On a très envie de partager ce voyage théâtral de Karin Serres.

Présentation par l'éditeur


Sardine et Gabriel se connaissent depuis l’enfance. Elle vit en Bretagne, lui dans l’Est. Chaque été et chaque mois de février, pour le carnaval, Gabriel part retrouver Sardine, face à la mer, l’endroit de tous les possibles. Elle rêve de partir, lui de venir la rejoindre dans le finistère. Pourquoi se retrouvent-ils toujours sur ce banc bleu, face à l’océan ? Toute une vie de destins retournés, de péripéties, de temps qui passe dans tous les sens et d’appels au large si puissants que personne ne peut y résister.