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Je veux aller à la mer : où l' on apprend que la mer est à 503 km

Sélection des rédacteurs
Trimestre
Roman
à partir de 9 ans
: 9782350008967
13.95
euros

L'avis de Ricochet

Les livres de la collection « Trimestre », publiée chez Oskar jeunesse et dirigée par Thierry Lenain et Benoît Morel, sont des livres de qualité.
Chacun d’entre eux réunit deux talents : un(e) auteur(e) reconnu(e) pour la finesse et l’intelligence de ses textes, et un illustrateur qui a le pouvoir de faire entrer les lecteurs dans son univers graphique, à la fois personnel, immédiatement reconnaissance et accessible.
C’est encore le cas pour ce « Trimestre » n° 6 et le tandem Hoestlandt / Blanpain.

Je veux aller à la mer, où l’on apprend que la mer est à 503 km raconte un petit bout de la vie de Johnny, 8 ans, un gosse de pas riches, qui n’aime pas le vert (sauf pour les martiens et les dinosaures). Si notre Johnny aime tant aller à la bibliothèque avec sa classe, ce n’est pas parce qu’il aime les livres. D’ailleurs la maîtresse ne le laisse jamais choisir celui qu’il veut. Ce qu’il aime par-dessus tout, Johnny, c’est prendre le bus pour aller à la bibliothèque, se mettre juste derrière le chauffeur et rêver qu’il conduit l’engin qui pourrait l’emmener à la mer qu’il n’a jamais vue, à 503 km.
Au moins, pendant ce court trajet, il voyage. Parce que dans la famille de Johnny, on ne part jamais en vacances l’été. On n’a pas assez d’argent. Alors Johnny va au centre aéré.
L’histoire de Johnny est infiniment touchante. Avec pudeur et presque entre les lignes, Jo Hoestlandt nous parle de ce petit garçon et de sa famille, dont le quotidien est bien loin, parfois, de ce que l’on apprend à l’école, mais qui ne le rejette nullement. Johnny est mal à l’aise avec la poésie parce que c’est du « délire » : les mots, pour lui, c’est du concret. Pourtant le petit garçon n’est pas malheureux. Ses deux parents sont attentifs et présents autant qu’ils le peuvent et il y a de l’amour chez lui.

Les images de Jean-Pierre Blanpain, toutes en noir, blanc et bleu, sont à l’unisson. Elles disent les sentiments, comme le regard lointain et triste du père à la fenêtre, observé par son fils, par exemple. Elles disent aussi la joie, la vie, l’exubérance, l’amour et le rêve. Et puis comme toujours, Blanpain sème dans ses images ses petits cailloux d’impertinence et ses clins d’œil malicieux.

Ce livre, qui parle joliment de la fracture sociale, touchera un large public par ses différents niveaux de lecture. Il sonne juste, il émeut, il emporte.

Présentation par l'éditeur


Johnny adore aller à la bibliothèque avec sa classe, mais pas pour les raisons qu on croit : les livres et la poésie de Prévert, il s en fiche un peu, lui, ce qu il préfère, c est monter dans le bus et s installer juste derrière le chauffeur pour bien voir la route. Johnny aime les voyages et rêve d aller à la mer, mais la mer c est loin et c est cher comme dirait son père... Un texte fort et