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Je suis l'arbre qui cache la forêt

Sélection des rédacteurs
Médium
Roman
à partir de 12 ans
10.50
euros

L'avis de Ricochet

Le précédent roman d'Alice Poncheville, " Treize ans porte-malheur" nous avait marqués, celui-ci ne déroge pas à la règle. Avec "je suis l'arbre qui cache la forêt", l'auteur nous donne à suivre le trajet d'Elisabeth et de sa famille pour le moins bizarre. Bizarre? Loufoque quoi, une folie douce, un peu sorcière même. Ben oui….George, la maman, parle avec les morts, répare un four avec une pompe à vélo, collectionne toutes sortes de choses, maquille le chat, tire les tarots, et fait même des repas parfois pas réussis. Ce qui est sûr, c'est qu'elle se démène avec ses petits boulots et petits vols pour nourrir la famille. Trick et Tin, les deux jumeaux de 6 ans, quant à eux, parlent une langue qu'ils ont inventée mais rassurez-vous il parait que c'est normal et le trouble s'appelle la cryptophasie. Dans ce contexte, Eli, l'héroïne la demi-sœur des jumeaux fait un peu figure d'extra-terrestre. Et pourtant elle l'aime cette famille une peu déjantée dont elle aime prendre parfois de la distance. Le cœur sous la main, Eli se soucie de ses deux petits frères dont elle est l'interprète et donne des coups de mains à sa mère. En plein adolescente, Elisabeth passe son temps à se promener dans la forêt où elle rêvasse, songe à son professeur de mathématique, se questionne sur son identité,… bref elle "avance" au gré de petites déceptions parfois et tristesses. Mais, un jour, Eli apprend que son père défunt n'est pas celui qu'on lui a dit et que sa mère n'est pas tout à fait celle qu'elle prend pour telle, alors les bras lui en tombent, ou plutôt ses jambes se paralysent et pourtant là il lui faut encore avancer… Alice de Poncheville entraîne le lecteur de la légèreté un peu grave à de la gravité lourde puis légère. Et on s'en délecte: les transitions sont fines et intelligentes, l'écriture belle et variée, le lecteur ne sait jamais où cela va finir car dans ces trajets de vie, rien ne peut être conclu, ses personnages sont pluriels, attachants et déroutants, jamais unilatéraux. L'auteur considère sans doute son lecteur comme vif et en attente de surprises et elle lui rend bien la donne. Un agréable moment de littérature et un bravo en prime.