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Nanouk et moi

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 9 ans
: 9782211098038
8.00
euros

L'avis de Ricochet

Thomas Cracov, le jeune narrateur, écrit cette histoire sous pseudonyme, par précaution, des fois qu’un lecteur perspicace le reconnaisse et le harcèle au téléphone la nuit. Il commence par nous raconter la première fois où il a rencontré le docteur Zhlod (pseudonyme aussi pour les mêmes raisons), spécialiste des angoisses et des cauchemars. Car Thomas fait des cauchemars, la nuit, et même le jour. C’est ce qu’il explique au docteur. Tout a commencé le jour où le jeune garçon a regardé tout seul chez lui le DVD de Nanouk l’Eskimo, un documentaire de l’explorateur Robert Flaherty, tourné dans le Grand Nord canadien au début du 20eme siècle et racontant la vie de Nanouk et de sa famille.
Thomas s’intéresse beaucoup aux peuples du froid, à la vie au-delà du cercle polaire, et dès les premières images de ce film en noir et blanc, il est fasciné, happé. Une phrase du tout début du film attire particulièrement son attention, indiquant que deux ans après le tournage de film, Nanouk est mort de faim en allant à la chasse au cerf. Après avoir lu cette phrase puis visionné le film, Thomas n’est plus jamais tranquille. La question qui le hante, c’est comment la famille de Nanouk a-t-elle pu se débrouiller sans Nanouk. Cette pensée ne le quitte pas. Il se fait du souci pour la famille de Nanouk. Voilà ce qu’il explique au docteur Zhlod qui l’écoute très attentivement, qui l’interroge sur tout ce qu’il sait sur les Eskimos, prenant ainsi l’affaire très au sérieux.
Au fil des jours se tisse une relation particulière entre le médecin et le jeune garçon, faite de dialogues et d’écoute réciproque. Thomas avance, apprend à se comprendre, retrouve une certaine insouciance …
Le texte mêle habilement la voix directe de Thomas et tout ce qu’il sait et qu’il raconte sur le peuple de Nanouk, cet homme si lointain dans le temps et l’espace, dont pourtant Thomas se sent proche. A cela s’ajoutent le dialogue entre le garçon et le médecin, et les conversations qu’il a également avec ses parents. Ces différentes strates forment un récit très intéressant, riche, dense, où l’émotion affleure en permanence. L’empathie de Thomas pour le peuple eskimo est parfois trop lourde à porter et la manière dont le narrateur en prend conscience est racontée avec subtilité.

Le documentaire de Robert Flaherty existe bel et bien en DVD, publié chez Arte vidéo.