Aller au contenu principal

Gilgamesh et le secret de la vie-sans-fin

Album
à partir de 11 ans
: 9782368561720
17.90
euros

L'avis de Ricochet

Dans la lointaine cité fortifiée d’Ourouk règne un terrifiant souverain. Gilgamesh est son nom, c’est un demi-dieu et sa stature et sa force n’ont pas d’égales parmi ceux qu’il gouverne. Il abuse de ce pouvoir et son peuple est malheureux. Ainsi débute la légende racontée par Rafik Bougueroua, un auteur qui se penche sur les textes antiques ou classiques de la littérature pour en transmettre une version adaptée au jeune public. Mais les dieux ne soutiennent pas les tyrans dans les légendes antiques, et Gilgamesh sera mis à l’épreuve. Modelé dans l’argile, Enkidou est celui qu’ils envoient pour le corriger. Après s’être affrontés, les deux hommes deviennent amis, presque frères ; auprès de lui, Gilgamesh apprend peu à peu à se monter plus humain. Mais leur gloire suscite l’envie, et ils en viennent à combattre les créatures divines. Victorieux, ils s’attirent les foudres des dieux, et devront payer pour leur audace. Le roi Gilgamesh saura-t-il trouver la voie de la sagesse ?

De l’épopée de Gilgamesh, première œuvre littéraire connue, écrite en caractères cunéiformes, nous ne connaissons souvent que l’épisode du déluge, comparé au texte de l’Ancien Testament. Rafik Bougueroua dévoile une autre facette de ce héros de la mythologie antique dans un style classique élégant et efficace, avec un découpage des aventures qui suit le déroulement des pages une à une, ce qui permet d’introduire un rythme dans la lecture à voix haute, un atout pour ce type de texte. Pour autant, certains épisodes peu développés restent parfois énigmatiques, quand d’autres sont motivés par des raisons qui peuvent dépasser l’entendement des plus jeunes. C’est pourquoi le livre s’adresse plutôt à des enfants de l’âge du collège.

D’autre part, et c’est assez rare pour être signalé, dans cet album, c’est le texte qui semble accompagner l’illustration, bien plus que l’inverse. En ouvrant ce spectaculaire album, le lecteur pénètre dans un univers dont le gigantisme n’a d’égal que l’absolue magnificence des illustrations de Matteo Berton. Passés les contreplats fissurés comme d’antiques murs, le livre s’ouvre sur une double-page au point de fuite décalé comme si le lecteur avançait dans le palais du tout-puissant souverain ; jeux d’ombres, jeux d’eau, torches fumantes, entre de grands rideaux qui encadrent la scène, les portiques successifs nous guident vers la page suivante : là, sur son trône, nous regarde Gilgamesh le puissant, l’invincible souverain de la cité.

Ainsi, en vis-à-vis de chaque nouvel épisode, Matteo Berton offre au lecteur ses représentations d’un univers antique, mythique, à la mesure des héros et des dieux. Sa palette s’orne de couleurs violentes comme les histoires qu’elles racontent, un orange couleur de feu associé à des camaïeux de vert profond, bleu outremer, gris plomb, où seules quelques touches d’un jaune d’aurore éclairent les combats des Titans, les héros contre les monstres et contre le Taureau-du-Ciel. Noyant ses personnages dans le décor comme dans un écrin flamboyant, Matteo Berton ramène le héros à sa dimension humaine, bien plus modeste dans la luxuriance de la nature où il entreprend son périple, comme Gilgamesh qui s’enfonce dans les ténèbres d’un couloir montagneux interminable et terrifiant, ou bien plus humble devant la grandeur de l’oeuvre divine, tel Enkidou effondré devant la porte du temple d’Enki. Que ce soit pour raconter la forêt ou la mer, la cité ou l’île d’Outanapishti le sage qui possède le secret de la Vie-sans-fin, Matteo Berton déploie la même puissance évocatrice qui force le regard et l’admiration du lecteur.

Les deux auteurs ont déjà publié aux éditions Amaterra, mais c’est la première fois que leurs talents sont réunis : l’histoire de Gilgamesh en est illuminée.

Présentation par l'éditeur

Doté d’une force colossale, violent et cruel, Gilgamesh, roi d'Ourouk en Mésopotamie, faisait régner la terreur sur ses sujets. Alors les habitants de la cité implorèrent les dieux de les délivrer de ce fléau. La déesse Arourou, en réponse à leurs prières, façonna dans l’argile Enkidou, le seul être capable de défier ce tyran.

Feuilleter un extrait