Aller au contenu principal

Rechercher un article ou une interview

Michel Piquemal

2 janvier 2006

Scénariste pour la télévision, collaborateur pour plusieurs revues pour enfants, parolier et directeur de collections, Michel Piquemal se consacre à l'écriture depuis une vingtaine d'années. A l'âge de 7ans, il découvre les livres et à force de s'y plonger et d'en dévorer, il finira par en écrire. Après des études de lettres modernes et avoir exercé le métier d'enseignant dans une école primaire, il sort son premier livre jeunesse (" Samani, l'Indien solitaire ") en 1988 sur un thème pour lequel il nourrit d'ailleurs une vraie passion : les Indiens. Anthologie, albums, romans, pièces de théâtre, poésie, comptines, biographies, scénarios de BD et de films, Michel Piquemal aime exploiter les genres et écrire dans des styles différents. Il a écrit plus de 100 livres en jeunesse et plusieurs autres pour les adultes. Place à notre nouvel invité, insatiable curieux, battant et doté d'une rage contre les injustices !


- A quel "héros"/personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ?
Don Quichotte. J’aime bien me battre contre des moulins à vent. Même si je sais que les causes que je défends sont des causes perdues d’avance (la liberté, la fraternité, un monde sans guerres, sans pauvreté…) notre dignité me semble de se battre quand même.

- Quelle utopie seriez-vous prêt(e) à défendre ?

J’aime bien les idéaux de la Révolution Française, la laïcité notamment. Ils sont restés des utopies, mais le combat est indéfiniment d’actualité. Les intégrismes religieux renaissent toujours. Comme l’hydre de Lerne, chaque fois qu’on coupe ses têtes, il en repousse d’autre… mais on continuera à couper.

- A part être écrivain ou illustrateur, que rêveriez-vous d'être ?

J’aurais aimé être archéologue et je n’ai été que collectionneur d’archéologie. Tenir entre ses doigts un vase à parfum avec lequel une femme s’est parfumée il y a deux mille ans, ou une hache dont un homme de la préhistoire s’est servi pour émonder des arbres me remplit toujours de beaucoup d’émotion. J’ai le sentiment d’une permanence de la vie. Tous ces morts ne sont pas morts pour rien, ils nous enseignent encore quelque chose.

- Où écrivez-vous ? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ?

Je peux écrire partout. Mais c’est au petit matin, allongé sur mon lit, le dos relevé avec un gros cahier sur les genoux que je me sens le plus inspiré. Je présume que je dois sans doute cette manie à une maladie d’enfance au cours de laquelle j’ai passé trois mois allongé dans un lit avec des livres pour seuls compagnons.

- Quel est le sentiment qui vous habite le plus souvent ?

Je suis assez pessimiste sur l’ordre du monde et sur l’humanité. Je me dis que notre seul combat est de tenter de créer de la beauté face à un ordre économique, le néo-libéralisme, qui engendre sans cesse plus de laideur et d’inégalités. Ecrire pour les enfants a l’avantage de m’obliger à être optimiste.

- Votre expérience d’enseignant vous aide-t-elle dans l’écriture ?

Une bonne quinzaine d’années d’enseignement en école primaire, à tous les niveaux, me donne effectivement une connaissance intuitive du niveau de langue des enfants et de leurs préoccupations les plus intimes. On ne s’adresse pas à un enfant de six ans comme on s’adresse à un grand de CM2. De même, les ressorts narratifs qui font rire un petit CP (La poule qui pond des patates, par ex) ne sont pas les mêmes que ceux qui font rire les 9-10 ans (Laissez passez les biquettes Les enquêtes de Freddy la Truffe !)






- Quel(s) genre(s) de livre(s) vous tombe(nt) des mains ?

Peu de livres me tombent des mains. Je peux lire avec plaisir une vulgarisation d’astrophysique, une BD de Gaston Lagaffe ou un traité sur le mimétisme dans l’ordre animal. Je suis assez éclectique et curieux. Ceci étant, les ouvrages de pseudo spiritualité où le vide tient lieu de profondeur (Coelho par exemple), ainsi que beaucoup de romans français contemporains où le nombril est le seul et unique héros principal du livre me tombent effectivement des mains.

- Que redoutiez-vous enfant ?

La mort de mes proches. J’en avais fait l’expérience assez traumatisante avec le décès après une longue maladie de ma grand-mère.

- Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ?

Les personnages de certains livres, surtout ceux lus dans mon enfance, ont fini par prendre pour moi une épaisseur de réalité. Peter Pan, Le Petit Prince, Poil de Carotte, Bouvard et Pécuchet, Huckleberry Finn, Gavroche, Arsène Lupin… habitent bien souvent mes pensées.

- Qu'avez-vous conservé de l'enfance ?

Je ne peux pas dire que j’en ai conservé l’innocence, car je ne crois pas que les enfants soient si innocents que cela. Je pense par contre en avoir gardé l’insatiable curiosité. Ce « vaste appétit » dont parle Rimbaud. Il y a toujours un milliard de choses à découvrir et à connaître, tant de pays où on n’ira jamais, tant de cultures qui nous resteront inconnues…

Je crois aussi en avoir gardé une rage contre l’injustice ! Tous les enfants la détestent, les adultes s’accommodent et font avec !

- Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?

Ce qui le fait vendre dans l’immédiat, c’est le caractère attrayant de la couverture et du titre, le choc des illustrations… ce qui le fait durer par la suite, c’est la qualité du texte, le caractère intemporel de l’histoire qui parle à tous. On n’a pas fini de vendre Le Petit Prince

- Quel qualificatif vous colle à la peau ?

On dit que je suis boulimique, de lectures, d’actions, de rencontres, de publications… Je crois surtout que je suis éclectique. Mon modèle moral est l’Honnête Homme du siècle de Pic de la Mirandole qui avait à cœur d’embrasser les connaissances de son siècle. Et comme le dit si justement René Char, " L’impossible, nous ne l’atteignons pas, il nous sert de lanterne ! "

- Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?

Un jour, lors d’une rencontre scolaire centrée sur mon roman Le Jobard, un petit bouchon a levé le doigt pour me dire d’une voix un peu cassée par l’émotion : « Après avoir lu votre livre, j’ai compris qu’il fallait que je dise à mon père que je l’aimais. » Ce sont des moments qui vous paient de pas mal d’heures de travail.

- Quelle est votre définition du bonheur ?

Il n’y a pas de bonheur, il n’y a que des moments de bonheurs… Mais j’aime bien aussi la définition qu’un philosophe en a faite : « Le bonheur, cette chose qui n’est jamais et qui pourtant un jour n’est plus. »

- Si vous aviez la possibilité de recommencer, que changeriez-vous ?

Je ferais moins d’études universitaires et je me lancerais tout de suite à corps perdu dans l’écriture. J’ai eu le tort de croire qu’on devait apprendre la littérature à l’Université avant de s’y plonger. Résultat, je n’ai réellement commencé à écrire qu’à 30 ans après avoir consciencieusement ramé sur mon doctorat !

- Enfant, quel genre de lecteur étiez-vous ?

Boulimique, comme aujourd’hui, avec une prédilection pour les contes du monde entier et les histoires animalières.

J’étais aussi un lecteur qui relisait. J’ai sans doute dû lire le Petit Prince une bonne vingtaine de fois.

- Vis-à-vis de quoi vous sentez-vous impuissant ?

La destruction des cultures, la guerre contre l’intelligence que mène l’idéologie libérale (par la publicité et les médias télévisuels débilitants) pour construire son monde d’homos-consommateurs. Je sais qu’il s’agit là d’une pulsion sociétale de mort, que nous allons au mur, à des catastrophes naturelles et sans doute à des guerres… et face à cela je me sens totalement impuissant. Les journalistes aux ordres passent tellement de temps à nous répéter qu’il n’y a pas d’autre choix de société qu’on se sent vite gagnés par l’impuissance.

- Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ?

Le mot laïcité, sans doute parce que c’est celui qui est le plus mal fichu ( son i tréma le rend ringard ! ) , le plus mal compris aussi… mais le plus essentiel dans le monde d’aujourd’hui. Les médias font toujours en sorte de le dévaloriser. C’est pourtant l’honneur de notre langue française, car les autres langues n’en ont hélas pas l’équivalent. Il serait temps qu’ils l’inventent ou s’approprient le nôtre.

- Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous ?

Je ne me pose pas vraiment cette question. Après ma mort, il restera des livres. S’ils peuvent donner de la joie, du bonheur ou de l’émotion à d’autres êtres humains, tant mieux. S’ils sont oubliés, ce n’est pas bien grave, il y a tant d’autres livres ou créations du génie humain pour remplir ce rôle. J’aurais fait du mieux possible mon métier d’homme, comme dit Montaigne.

Si j’ai retenu une seule phrase de la Bible, c’est bien : « Vanité, vanité des vanités, et tout est vanité. «



Vos livres

- Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ?

Je viens de publier chez Albin Michel avec l’illustrateur Christophe Merlin un album (Le Manège de Petit Pierre) qui raconte une incroyable histoire vraie… celle de Pierre Avezard, dit Petit Pierre, né terriblement handicapé, rejeté par tous, et qui a construit pour le bonheur des enfants un fabuleux manège, uniquement avec des matériaux de récupération. Une vie entière consacrée à fabriquer de la beauté et du bonheur pour ceux qui le rejetaient. Un manège, aujourd’hui visible à Dicy dans l’Yonne, grâce au formidable travail de restauration d’Alain et Caroline Bourbonnais dans leur musée d’art brut : La Fabuloserie. Courrez-y dès les beaux jours !






- Le(s) livre(s) dans votre production dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous laisse(nt) un souvenir particulier

Tout d’abord, Le Jobard ( chez Milan ) parce que grâce à ses 250 000 exemplaires vendus, et ses nombreuses traductions à l’étranger, c’est sans doute celui qui m’a fait connaître, mais aussi celui dans lequel j’ai l’impression d’avoir mis beaucoup de ce que je suis au plus profond.
Ensuite, toujours chez Milan, Moi Sitting Bull, parce qu’il représente trois ans de travail pour essayer de comprendre comment pouvait penser un chef amérindien et rendre ces pensées à la première personne.
Enfin, les deux livres que j’ai publiés chez Albin Michel pour essayer de donner envie de faire une initiation à la philo dès l’école primaire ou le collège : Les Philo-fables et Petites et Grandes fables de Sophios.






- Auriez-vous envie d’écrire pour le théâtre ?

Avec Gérard Moncomble, nous avons eu la prétention de créer un répertoire de saynètes à jouer pour l’école maternelle, le primaire et le collège. Cela a donné trois livres avec une vingtaine de saynètes par livre (Théâtre pour de rire, 17 pièces humoristiques pour l’école, Théâtre pour rire au Collège). C’est toujours un bonheur de voir ces pièces jouées dans les écoles, et ça me donne effectivement envie de continuer à en écrire avec Gérard.

Et la poésie ?

Le fait d’avoir passé un doctorat sur la poésie contemporaine me bloque un peu ! Je n’ai rien publié en poésie depuis Petits poèmes à poils et à plumes pour enfants en pyjama, paru chez Pluies d’étoiles en 2002

- Quel est le thème que vous aimez davantage traiter ?

Dans les classes, les enfants me font remarquer que ce que j’écris tourne souvent autour du thème de la différence. Et c’est vrai que mes personnages sont souvent des rejetés ( comme Le Jobard ou Les Orphelins d’Amérique ), des handicapés ( Petit Nuage, Madame Dondon.. ) ou des blessés de la vie ( Le Cœur de Violette, Samani l’Indien solitaire… )
Mais ce n’est jamais chez moi une volonté délibérée. Je ne décide pas d’écrire sur la différence. Cela s’impose à moi parce qu’enfant je me suis senti différent… et que lorsqu’on les questionne, tous les enfants avouent se sentir différents, voire étrangers à eux-mêmes.

- Début 2005, vous avez surpris vos lecteurs avec un pamphlet pour les adultes. Non pas un roman adulte comme Le Cri du poisson rouge en 2004, mais un essai politique dans la tradition de Swift ou de Voltaire : Le prophète du libéralisme ?

Ce n’est pas parce qu’on écrit pour la jeunesse qu’on n’est pas sensible au monde qu’on va leur laisser. Et ce qui se passe depuis une dizaine d’années (casse sociale, délocalisations, destruction de l’état, privatisations, braderie de tous les services publics, casse de l’enseignement) a de quoi me mettre en colère. Lorsque la patron de TF1 a déclaré que « la télévision ne servait qu’à vendre du temps de cerveau humain disponible à des annonceurs », cela m’a donné envie d’écrire sur ce ton-là un pamphlet cynique dans lequel un ultra-libéral à la mode Sarkozy nous donne sa vision du monde futur de manière religieuse et sentencieuse. Le Prophète du libéralisme, c’est donc la dénonciation de l’hypocrisie des instances qui gouvernent le monde : FMI, OMC du socialo-libéral Pascal Lamy, Commissions européennes au service des multinationales… J’espère avoir réussi à le faire de manière drôle et jubilatoire.

- D'où est né votre premier livre/ illustration ?

Au retour d’un voyage au Canada, où j’étais aller me baguenauder dans les réserves amérindiennes, j’ai eu le désir de faire partager avec les enfants ma passion pour ces « Sauvages d’Amérique ».

- Quel livre en littérature de jeunesse auriez-vous voulu écrire ou réaliser à la place d'un autre ?

Tous les livres de Roal Dahl, car j’ai l’impression qu’il reste le plus moderne et le plus « gonflé » de tous les auteurs jeunesse… et puis Le Petit Nicolas, qui rend si justement l’enfance des années 60 qui fut la mienne. Et puis tant d’autres…

- Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Je travaille sur deux volumes consacrés à la mythologie grecque. Je me suis fixé pour objectif de raconter de la manière la plus claire et simple possible les grandes histoires que la Grèce nous a léguées… et de les compléter par une réflexion philosophique. Que veulent nous enseigner ces mythes, que se cache-t-il derrière ? Ce projet m’a pris deux ans mais aujourd’hui que j’en vois enfin le bout (parution au printemps prochain) je me dis que ça valait le coup.

- Où et comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

La littérature jeunesse nous offre un éventail incroyable de libertés. Il y a tant de sujets sur lesquels j’aimerais écrire… Je n’aurais pas le temps de les traiter tous. Mais dans dix ans, je m’imagine bien en train de taper encore et encore sur mon clavier. On ne s’arrête pas de tenter d’inventer de la beauté parce qu’on a 60 ans. Je crois beaucoup à une très belle citation : " les vieux pommiers de font pas de vieilles pommes. " Et lorsque je vois les sublimes statues que réalise Ousmane Sow à plus de soixante dix ans, cela me donne de l’optimisme.








Références


Littérature de jeunesse

- Un livre pour la jeunesse qui vous a marqué petit ?

Le petit Poil de Carotte qui pisse si dramatiquement au lit, de Jules Renard

- Quels sont vos auteurs-illustrateurs de référence ou qui pour vous développent une approche intéressante ?

Il y en a tant : Thierry Lenain, Nathalie Novi, François Place, Bruno Heitz, Jennifer Dalrymple, François Rocca et Fred Bernard, Pef, Gérard Moncomble, Rebecca Dautremer, Nadja, etc etc..

- Quels sont vos livres "coups de cœur", les "incontournables" en littérature de jeunesse ?
Les derniers géants de François Place, La fille du canal de Thierry Lenain, Le chien bleu de Nadja, Jésus Betz de Rocca et Fred Bernard, La grande géante solitude de Jo Hoestland, Kiki la casse d’Henriette Bichonnier, Les contes bleus et rouges du chat perché de Marcel Aymé, Zap la guerre de Pef, Le petit Humain d’Alain Serres, Au revoir Blaireau... Je n’en finirais pas, il me faudrait des pages pour les citer tous…

- Comment jugez-vous la littérature jeunesse contemporaine ?

Nous avons en France une des plus prestigieuses, avec des illustrateurs que nous envie le monde entier. Sur les grands salons internationaux, nos albums rivalisent sans complexe avec la production anglo-saxonne. Je regrette simplement qu’elle soit aussi politiquement correcte et depuis quelques années de plus en plus frileuse. Bref, elle ressemble à nos classes moyennes, qui sont aussi nos principaux « clients ». Il y a de toute évidence un retour à l’ordre moral, et une nette autocensure des auteurs.

- Y a-t-il selon vous des thèmes tabous dans cette littérature jeunesse ?

Oui, et ce ne sont pas ceux qu’on croit… Certains thèmes (le chômage, les hommes au travail, les fermetures d’usine, les grèves, bref ! la dimension sociale des êtres humains) ne sont que très rarement abordés. Sur le plan historique et géographique, certains sont sur-représentés (la Shoah par exemple) au détriment des autres : les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les horreurs des guerres coloniales, la guerre d’Espagne, les réalités du Maghreb et de l’Afrique d’aujourd’hui, la Révolution française, les conquêtes sociales du Front Populaire et de l’après-guerre, le drame arménien, la Commune de Paris, mai 68, la catastrophe de Tchernobyl... Bref ! la production reflète l’ordre dominant  et zappe ce qui le gêne. Il manque des collections comme celles de J’accuse chez Syros.

- Vous avez créé chez Albin Michel, en tant qu’éditeur, des collections comme Paroles de, Carnets de Sagesse, Sagesses et Malices, Les petits contes de sagesse, Les Grandes aventures… ? Pourquoi ce pas vers l’édition ?

Je suis obsédé par la notion de transmission. Il y avait de beaux textes que j’avais envie de faire partager, en tant qu’anthologiste. Le succès des Carnets de Sagesse (deux millions d’exemplaires vendus) m’a donné chez Albin Michel la liberté de poursuivre ce travail et créer d’autres collections/partages. Mais je voudrais à l’avenir me recentrer sur mon propre travail d’écriture. Après deux cent livres publiés en tant qu’éditeur, je voudrais m’en donner le droit.


Culture
- Un film, une photo/illustration qui vous touche ?

Un des films qui m’a le plus marqué, c’est sans doute (La nuit du chasseur, le seul film du grand acteur Charles Laughton), mais je ne peux pas ne pas citer les grands westerns dont on oublie trop souvent la dimension mythique et philosophique : L’homme qui tua Liberty Valance, Les cavaliers, le train sifflera trois fois, La prisonnière du désert, Little Big Man… J’ai parfois le sentiment qu’ils m’ont construit moralement. Et je peux encore et toujours me les regarder en boucle.

- Un musicien

J’ai eu la chance de partager une très longue amitié avec Claude Nougaro, depuis un Mémoire de lettres modernes que j’avais fait à la fac sur son œuvre. Je connais donc la plupart de ses chansons par cœur, mais aussi les arcanes secrètes de leur création. Par son exigence, ses doutes permanents, il m’a beaucoup appris sur ce que c’est qu’être un créateur au sens large du terme.

- Une phrase (une devise) qui vous guide

Je suis un passionné des citations et des grandes phrases philosophiques. En 2003, j’ai même fait un digest de mes préférées pour les enfants dans Mon premier livre de sagesse ( Albin Michel ). Mais ma favorite est sans doute un bout de poème de René Char, prince des fulgurances :
« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. «


Actualité
- Vos dernières (bonnes) lectures ?

Je viens d’avoir quelques jours de vacances et j’ai relu plusieurs Racontars Arctiques de Jorn Riel (à consommer sans modération), mais aussi deux livres, et deux chef d’œuvre d’humanité, sur les horreurs des tranchées durant la guerre de 14 : l’un vu par un allemand : A l’Ouest rien de nouveau de Remarque, l’autre par un français Les croix de bois de Roland Dorgelès. Cela m’a donné envie d’écrire sur la Grande guerre (un projet de plus !)


http://perso.wanadoo.fr/michel.piquemal/

Auteurs et illustrateurs en lien avec l'interview

Michel Piquemal

Michel Piquemal

française