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Arthur Ténor

1 août 2005

Né en 1958 en Auvergne, Arthur Ténor est un amoureux de la vie et un auteur prolifique. Il aime goûter et explorer différents genres. Il écrit des aventures où se mêlent action et mystère, suspense et humour. Arthur Ténor a signé des romans d'aventures, des romans de sciences-fiction, des romans historiques et des romans policiers. Mentionnons ces grandes séries : "Le Félin", un héros médiéval, la série des "Chevaliers en herbe" ou encore "Les aventuriers du mystère". Consultant formateur et ancien instituteur, cet auvergnat qui nourrissait au départ des projets dans le roman d’aventure pour adultes se lancera en littérature jeunesse en 1997 avec "Le Labyrinthe du chevalier de Montbrisac", des aventures autour de Vandor le détective, éditées aux éditions du Cerf. Place à cet écrivain passionné par l'histoire et véritable explorateur de l'imaginaire qui apprécie particulièrement la loyauté à l'image de son héros, le félin.


- A quel "héros"/personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ?

Aventures aux frontières du réel (et au delà), mystères à dévoiler, rencontres extraordinaires… je me verrais bien en Bob Morane dont j’ai été un grand fan. Et je dois avouer que je me projetterais aussi volontiers dans la peau d’un certain roi-guerrier nommé Aragorn.

- Quelle utopie seriez-vous prêt(e) à défendre ?

Je suis un grand amoureux de la Vie. Alors, outre les grandes causes humaines, je choisirais celle du droit à vivre tranquille des mammifères marins, et je me mobiliserais contre leurs assassins et leurs bateaux-usines.

- A part être écrivain ou illustrateur, que rêveriez-vous d'être ?

J’aime les grands espaces et puisque nous parlons de rêve : astronaute ou explorateur sous-marin.

- Où écrivez-vous ? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ?

La première question est un peu restrictive. Je vais la transformer ainsi : « Où créez-vous ? » car le travail d’écriture n’est pour moi que la mise en forme, la communication du travail de l’imagination et de l’intelligence. Donc, où ? Partout ! Je rêve en voiture, en train, en balade… sur ma terrasse. Je prends des notes, je rédige des synopsis. Puis quand vient le moment de l’écriture, je travaille au bureau sur ordinateur.

- Quel est le sentiment qui vous habite le plus souvent ?

Délicate question. Parfois, l’étonnement. Souvent la révolte, comme tout le monde j’imagine. Parfois l’admiration. Le sentiment que je préfère, c’est l’émerveillement, et les occasions ne manquent pas autant qu’on pourrait le croire. Je pense que c’est une question de regard, de direction dans laquelle on porte son attention. J’ai souvent le nez levé vers les étoiles…

- Quel(s) genre(s) de livre(s) vous tombe(nt) des mains ?

Les livres de comptes ! Disons, les livres un peu trop savants. Je préfère souvent l’aventure simple et pure, le plaisir qui n’exige pas de lire avec une encyclopédie à portée de main, mais néanmoins formateur.






- Que redoutiez-vous enfant ?

Je n’ai pas le souvenir de grandes peurs, sinon celle des mauvaises notes à l’école. Peut-être de dire des bêtises sans m’en rendre compte

- Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ?

Oh oui ! Je dirais même qu’ils peuplent mon quotidien. J’ai une préférence pour les créatures féeriques et les super-héros.

- Que feriez-vous ou diriez-vous à un ogre s'il vous arrivait d'en croiser un ?

Tout d’abord, je lui demanderais : « Avez-vous faim ? », car si la réponse était « Oui, une faim d’ogre ! », je déguerpirais aussitôt. S’il ne me paraissait pas trop affamé, je lui proposerais certainement une interview pour mettre sur mon blog. Ce devrait être très nourrissant… heu… enrichissant.

- Qu'avez-vous conservé de l'enfance ?

Mon château-fort en carton-pâte, mes petits soldats, ma réserve de billes… et quelques livres des bibliothèques Rose et Verte. Pas mal de reliques en fait. Sinon, comme tout le monde, un grand nombre de souvenirs dont une majorité de bons qui m’inspirent parfois pour mes romans.

- Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?

C’est comme en cuisine, les bonnes recettes. Encore faut-il les connaître, car elles ne sont accessibles que dans le Grand Livre des Mystères. En vérité, je crois que le succès d’une œuvre est le résultat d’une alchimie complexe que personne, jamais, ne maîtrisera tout à fait. Le marketing, certes, aide à vendre, mais pas n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand. Je peux quand même tenter de vous donner quelques conseils à méditer. Dans le chaudron du magicien-créateur, vous devez mettre : une généreuse quantité de talent, beaucoup d’authenticité (poudre de vérité qu’on trouve dans les cœurs sincères), une pincée d’humour, un zeste de citron (pour rire jaune quand les méchants agissent), un tour de main secret et pour en finir avec les ingrédients (liste non exhaustive), une lampée de confiance. Ensuite, il faut savoir être patient car l’affinage peut être très long, très exigent. Puis il faut regarder mûrir avec des yeux plein d’amour.

- Quel qualificatif vous colle à la peau ?

Loyal. La devise de mon héros Le Félin (agent secret médiéval) est : « Loyauté, reine des royautés ». C’est la mienne.

- Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?

Houla ! Je ne sais plus. Un mot en tout cas me touche toujours profondément : « Merci ».

- Quelle est votre définition du bonheur ?

Savoir profiter pleinement de ce qui nous est donné. Trop de préoccupations inutiles ou futiles, trop de projections vers l’avenir, trop d’insatisfactions ou vaines inquiétudes nous polluent l’esprit. Je ne suis cependant pas un maître zen, au sommet d’une montagne, abîmé dans la contemplation du paysage. Mais je crois que le bonheur est aussi une affaire d’effort et de volonté (sauf évidemment si la vie nous soumet à des épreuves trop douloureuses).

- Si vous aviez la possibilité de recommencer, que changeriez-vous ?

Si je recommençais ma vie ? J’ai envie de répondre : rien. Car je suis pleinement heureux. Et surtout, je n’ai (à mi-parcours) aucun regret, même de mes erreurs ou de mes échecs qui forment le lit de mon expérience. Je n’en éprouverais que si j’avais fait du mal à quelqu’un, ce qui n’est jamais arrivé.

- Enfant, quel genre de lecteur étiez-vous ?

Disons, régulier mais pas gros consommateur. Depuis Oui-Oui et la voiture rouge, je n’ai jamais cessé de lire, pour mon plus grand bonheur.

- Vis-à-vis de quoi vous sentez-vous impuissant ?

La bêtise humaine. Je ne me réfère pas à une certaine catégorie de gens ; je pense à ces comportements petits, ces petites négligences, ces petits égoïsmes… toutes ces petites choses qui, accumulées, mènent aux grandes inepties (sans parler des guerres ou des massacres). Exemple : nos moteurs fonctionnent toujours à l’essence alors que depuis des décennies on devrait rouler « propre ». En fait, on attend les catastrophes pour agir. Si c’est pas de la bêtise, ça… !

- Quel est l'animal auquel vous ressemblez le plus ? Pourquoi ?

Le chien, peut-être. Un peu tout fou, joueur, fidèle…

- Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ?

Pour faire hermétique : oxymoron. Pour faire sentimental : tendresse. Pour faire sympathique : rigolade…
En vérité, c’est toute la langue française que je préfère.

- Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous ?

Mes livres.



Vos livres

- Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ?

Un roman de guerre : Graine de résistant, chez Magnard Jeunesse.

- Le(s) livre(s) dans votre production dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous laisse(nt) un souvenir particulier

Sans hiérarchiser, je citerai : Y’a pas que la mort dans la vie (Grasset Jeunesse) parce que c’est mon livre le plus intime. Il s’appelait… le Soldat Inconnu, parce que c’est celui où j’ai le plus pleuré à l’écriture. Et bien sûr la série du Félin (reprise par Lito) parce que je m’amuse énormément avec ce chevalier et ses multiples gadgets d’agent secret.






- Quel est le thème que vous aimez davantage traiter ?

Très franchement, je n’ai pas vraiment de thème d’expression privilégié. Suivant mes humeurs, mes révoltes, mes envies, un thème m’inspirera plus qu’un autre. Je laisse donc la question ouverte.

- D'où est né votre premier livre/ illustration ?

Mon premier livre publié est la transformation d’un projet sur lequel j’avais travaillé pour un éditeur qui souhaitait publier une série d’aventures pour les enfants de dix ans. Le projet ne s’est pas réalisé avec lui, mais c’est grâce à ce contact que je me suis mis à écrire des romans pour les jeunes. Cet éditeur trouvait que j’avais « une plume qui s’adapterait bien à la jeunesse ». En transformant le projet que je lui avais présenté, j’ai trouvé une maison qui a eu un coup de cœur. Il s’agissait de la série Vandor détective aux éditions du Cerf, dont un épisode a été réédité chez Lito.

- Quel livre en littérature de jeunesse auriez-vous voulu écrire ou réaliser à la place d'un autre ?

La série d’Henri Verne, Bob Morane ou la trilogie des Royaumes du Nord de Pullman.

- Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
L’innocence martyrisée. Un récit-témoignage sur un homme accusé d’un crime horrible qu’il n’a pas commis, et pour cause puisqu’il n’a jamais eu lieu, ou quand la bêtise s’allie à la méchanceté pour envoyer un innocent à l’échaffaud. En parallèle, je m’oxygène l’esprit avec une aventure du Félin.

- Où et comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

En 2015 ? Voyons… heureux comme un poisson dans l’eau ma sculptrice d’épouse, entouré d’amis auteurs, éditeurs, illustrateurs et bien sûr beaucoup d’enfants avec les échanger sur l’imaginaire et l’écriture. Je me vois très actif, toujours aussi enthousiaste. Avec un ordinateur qui ne tombera jamais en panne… Ecrivain à temps plein… Vous croisez les doigts avec moi, n’est-ce pas ?







Références


Littérature de jeunesse


- Un livre pour la jeunesse qui vous a marqué petit ?

Les romans rayonnant de bonheur de Marcel Pagnol (La gloire de mon père/Le château de ma mère).

- Quels sont vos auteurs-illustrateurs de référence ou qui pour vous développent une approche intéressante ?

J’ai un peu de difficulté à répondre, car il y a une telle diversité dans les productions actuelles que je vois pas se distinguer des références, ou alors ce sont les best-sellers style Harry Potter. Et puis j’ai tendance à me méfier des références en matière culturelle, car elles créent un élitisme réducteur (ex. liste de « bons livres recommandés » ) qui personnellement me gêne.

- Quels sont vos livres "coups de cœur", les "incontournables" en littérature de jeunesse ?

Difficile question… il y en a tant et pour des raisons tellement différentes. J’ai adoré Les enfants de Noé de Jean Joubert, Beaucoup aimé Les royaumes du Nord de Philip Pullman ou le roman de Jack Chaboud Sous les sables d’Afghanistan. Je recommande les policiers très dynamiques de François Librini chez Magnard ou la série Rocambole chez Gallimard (M. Honacker) et bien sûr un certain nombre de beaux classiques.


Culture
- Un film, une photo/illustration qui vous touche ?

Les premières minutes du Dernier des Mohicans et les dernières d’Elephant-man

- Un musicien

Mozart !!!

- Un lieu où vous aimeriez vivre

La septième étoile à gauche du Nuage de Magellan en partant de la constellation d’Orion

- Une phrase (une devise) qui vous guide

C’est en rêvant qu’on fait avancer la réalité.


Actualité
- Vos dernières (bonnes) lectures ?
Enfants maudits – Jean-Paul Picaper (sur les enfants de la guerre) – Nous serons comme des dieux – Eve de Castro (sur la Régence)

- Un site (sur les techniques graphiques, un auteur-illustrateur, une approche particulière du texte, de la littérature...) que vous souhaitez recommander ?

Ceux qui s’intéressent à la naissance de l’art numérique pourraient visiter ce site : www.thdream.com. Sinon, j’adore l’humour d’Olivier Ka : http://olivierkaontheweb.free.fr/pages/0.html



http://arthurtenor.canalblog.com/

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