Publier un livre


Quelques chiffres
Il est publié en France près de 60 000 titres par an dont 20% en format de poche.
Le tirage moyen est proche de 7 500 exemplaires. Les livres de littérature ne représentent évidemment pas la seule composante de l'édition : il ne faut pas oublier, par exemple, l'édition scientifique, économique, technique, culinaire, pratique ...
45% des livres sont vendus en grandes surfaces (spécialisées ou non), 17 % en librairie, le reste dans les Maisons de la Presse ou sur Internet.

Les éditeurs sont très nombreux et souvent de très petite taille : 3 000 maisons, dont 150 de plus de 20 salariés, ne représentent en effet que 4 % du total. Aux éditeurs français peuvent être ajoutés les éditeurs en langue française : Belgique, Québec etc. Ils sont plus ou moins bien diffusés en France.

Internet modifie peu à peu l'organisation de l'édition, des relations entre auteurs et éditeurs jusqu'à la vente ou mise en ligne d'ouvrages – ou de critiques de livres.

Tous domaines (coloriage, albums, romans etc. sauf BD), le livre d'enfance et de jeunesse représente 10% des titres publiés en France avec un tirage moyen assez proche de celui des autres types d'ouvrages.


Comment être édité ?
Un nombre croissant de personnes, jeunes ou moins jeunes, souhaitent partager leurs émotions, souvenirs, idées, expériences ou autres. Il est désormais facile de mettre ses écrits en ligne sur Internet. Mais l' « objet livre » conserve un prestige certain et une symbolique attachante. Beaucoup souhaitent ainsi être « publiés » ou « édités ». Il existe plusieurs façons d'y parvenir.

L'autoédition : c'est la plus ancienne mais elle est aujourd'hui peu pratiquée : éditer soi-même son ouvrage (c'est à dire le faire imprimer et mettre en page, le diffuser, le promouvoir et encaisser les éventuelles facturations). Cette pratique est coûteuse pour l'auteur alors qu'elle est aussi, par définition, la moins professionnelle à tous les niveaux et connaît, en bout de chaîne, un problème d'accès aux diffuseurs (libraires notamment). De petites publicités ou un site Internet peuvent aider à promouvoir les ouvrages ainsi produits mais leur efficacité est limitée. Au-delà d'un certain seuil de vente, la création d'une petite structure officielle (société ou association) devient également nécessaire pour des raisons fiscales et juridiques.

L'édition à compte d'auteur chez des éditeurs spécialisés : Des sociétés d'édition les aident à éditer, parfois à rédiger. L'auteur est le destinataire des produits de la vente de l'ouvrage, si vente il y a, après rémunération de l'éditeur. Normalement, le résultat est techniquement plus professionnel. Outre le problème du coût pour l'auteur, reste posé celui de la diffusion : les libraires diffusent peu ce genre d'ouvrages qui n'ont pas été retenus par un éditeur professionnel garantissant un certain niveau de qualité littéraire eu technique mais aussi commerciale.

L'édition chez un éditeur traditionnel : Les probabilités sont statistiquement minces mais la démarche est, en fait, assez simple. Schématiquement, en voici les principales étapes :
- étape 1 : repérer dans les libraires, les salons de livres ou sur Internet (le site Ricochet), les éditeurs et collections paraissant correspondre à l'esprit du manuscrit prévu, en cours ou terminé,
- étape 2 : une fois le manuscrit terminé, l'adresser à ces éditeurs avec une brève lettre d'explication (présentation et intention de l'ouvrage, présentation de l'auteur),
- étape 3 : attendre la réponse... et, si elle est positive, signer un contrat avec l'éditeur.

Une étape « 0 » peut consister à faire relire son manuscrit par des amis sincères et bons lecteurs.

Pour le secteur « jeunesse », la rémunération de l'auteur se situe généralement entre 5 et 10% du chiffre d'affaire réalisé par un livre courant. Il a droit à quelques exemplaires gratuitement. Au bout d'un certain temps, l'éditeur peut décider de détruire un stock d'ouvrages qui se vend trop lentement mais que l'auteur peut alors- généralement - racheter avec un rabais. Tous ces points sont normalement prévus dans le contrat passé avec l'éditeur, ainsi que ce qui concerne les droits de traduction et d'exploitation ou d'adaptation sur d'autres médias. L'auteur qui souhaite protéger son manuscrit d'éventuels plagiats peut en déposer un exemplaire à la Société des Gens de Lettres, 38 rue du Fbg Saint-Jacques, 75014 Paris, moyennant 40 € environ pour une protection de 3 ans.



LA CHAÎNE DU LIVRE


L'édition est une activité économique mobilisant plusieurs acteurs et métiers. En voici une représentation schématique.




Données figurant sur le site du SNE :

CONTRAT D'EDITION : c'est le contrat par lequel l'auteur d'une œuvre de l'esprit ou ses ayants droit cèdent à des conditions déterminées à une personne appelée éditeur le droit de fabriquer ou de faire fabriquer en nombre des exemplaires de l'œuvre, à charge pour lui d'en assurer la publication et la diffusion (CPI L132-1).
Le contrat d'édition précise notamment la nature de l'ouvrage, la forme de l'édition, le nombre minimum d'exemplaires constituant le premier tirage (sauf minimum de droits d'auteur garantis pour l'éditeur), la rémunération (droits proportionnels aux ventes ou, dans certains cas, rémunération forfaitaire). Le contrat d'édition doit revêtir une forme écrite.

CONTRAT A COMPTE D'AUTEUR : par un tel contrat, l'auteur ou ses ayants droit versent une somme convenue, à charge pour l'éditeur de faire fabriquer en nombre, dans la forme et suivant les modes d'expression déterminés au contrat, des exemplaires de l'œuvre et d'en assurer la publication et la diffusion (CPI L132-2). Ce contrat constitue un louage d'ouvrage et non un contrat d'édition.

CONTRAT DE COMPTE A DEMI : par un tel contrat, l'auteur ou ses ayants droit ou un éditeur chargent un éditeur de fabriquer, à ses frais et en nombre, des exemplaires de l'œuvre, dans la forme et suivant les modes d'expression déterminés au contrat, et d'en assurer la publication et la diffusion, moyennant l'engagement réciproquement contracté de partager les bénéfices et les pertes d'exploitation, dans la proportion prévue (CPI L132-3).
Ce contrat constitue une association en participation dans les termes des articles 42 et suivants du Code de Commerce. Il ne constitue pas un contrat d'édition.