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Histoire du polar jeunesse

Par
Catherine Gentile
romans et bandes dessinées

Raymond Perrin, L’Harmattan, 2011 24,50 euros

Voici des années que Raymond Perrin fait œuvre d’historien et scrute au plus près la littérature de jeunesse francophone. Il en écrit l’histoire, sa naissance en tant que telle, son évolution dans les années soixante-dix, son développement considérable depuis quarante ans, sa reconnaissance et son entrée massive à l’école, sa richesse et sa diversité.


Il s’attaque aujourd’hui à la littérature de genre : le polar, à travers le roman et la bande dessinée pour la jeunesse. En dix chapitres très documentés, fourmillant de références très précises, il déroule l’histoire de ce que d’aucuns ont appelé ce « mauvais genre » : Le long purgatoire d’un « mauvais genre » - Les énigmes policières des années 50 – Les séries « à mystères », traduites ou françaises – Années 60 et multiplication des personnages de série – Années 70 et timides collections policières – Années 80 et légitimité irréversible du polar – Années 90 : classiques et nouveautés entrent dans les collections policières – Un polar jeunesse désormais sans frontières – Le polar juvénile, au début du XXIème siècle.




Ce genre est pauvrement représenté dans les productions pour la jeunesse au début du XXème siècle. Puis les séries traduites de l’anglais et l’américain fleurissent dans les années 50 et 60 et des personnages incontournables s’imposent : on se rappelle la jeune et jolie détective américaine, dans son élégant cabriolet bleu, Alice, puis les enfants du fameux Club des Cinq ou du Clan des sept, inventés par la romancière anglaise très prolifique Enyd Blyton. La décennie suivante voit l’apparition de héros francophones : les Quatre As, Fantômette, Michel, les Six compagnons, Langelot l’agent secret, Blake et Mortimer, Tif et Tondu, Ric Hochet, Gil Jourdan, qui font les délices de générations de jeunes lecteurs, surtout garçons.




Les années 80 marquent un véritable tournant dans l’histoire du polar et de sa reconnaissance en tant que genre. En 1986, les éditions Syros innovent en lançant la fameuse collection « Souris noire », dirigée alors par Joseph Périgot, également l’auteur du premier titre de cette collection pionnière : « Qui a tué Minou-Bonbon ? » Ces romans courts, lovés dans une couverture cartonnée noire, proposent aux jeunes lecteurs des textes très contemporains, souvent écrits par les auteurs de polars adultes et illustrent l’idée « qu’un roman policier peut s’inspirer de la tradition d’un roman noir américain, avec des histoires qui ne finissent pas toujours très bien. » A ce moment-là, d’autres éditeurs créent des collections policières : « Zanzibar », chez Milan, « Polar Nathan », « Mystères », chez Casterman, les « Folio junior » dédiés aux mystères avec deux héros devenus aujourd’hui des classiques : Sans Atout, de Boileau et Narcejac, et Pierre Paul de Culbert, plus connu sous le nom de P.P. Cul Vert, créé par l’écrivain Jean-Philippe Arrou-Vignod. La collection « Verte Aventure Policière », chez Hachette, publie de son côté certains romans d’Agatha Christie et des inédits français et anglo-saxons. L’écrivain britannique Anthony Horowitz fait alors un tabac avec des frères Diamant et leurs enquêtes mouvementées, parfois inspirées du cinéma d’Alfred Hitchcock : Le faucon malté, Devine qui vient tuer ou L’ennemi public n°2.




Les années 90 et 2000 voient l’éclosion de collections qui perdurent ou non aujourd’hui : « Cascade Policier », chez Rageot (« Heure noire » aujourd’hui), « Vertige Policier », chez Hachette, « Lune noire », chez Nathan, « Souris Noire », qui évolue et se segmente davantage, ou les « Petits Polars », d’Actes Sud. C’est à ce moment-là qu’une jeune inspectrice entre en scène, la fameuse Logicielle, de Christian Grenier, menant avec succès et compétence, des enquêtes liées au monde de l’informatique et du virtuel (L’Ordinatueur, @ssassin.net... ). Christian Grenier démontre avec brio qu’une jeune femme peut, non seulement, s’intéresser à cet univers plutôt masculin, mais y exceller et y acquérir la reconnaissance de ses pairs.




Peu de polars par contre dans une maison pourtant essentielle en littérature de jeunesse : L’école des loisirs. La collection « Médium » accueille cependant les excellentes enquêtes de Nils Hazard, le professeur détective étruscologue imaginé par Marie-Aude Murail.




Aujourd’hui, le polar jeunesse est multiforme. Les collections existantes proviennent souvent de collections antérieures, relookées et renommées, ou divisées en segments selon l’âge du lectorat potentiel. Quelques collections originales sont toutefois apparues : « doAdo noir », au Rouergue, « Courants noirs », chez GulfStream, dédiée au polar historique, « Wiz Suspense », chez Albin Michel, avec des thrillers anglo-saxons, « Oskar Polar », chez Oskar, « Chambres noires », chez Mango. S’affirme aussi le roman d’espionnage, genre dans lequel les espions sont des adolescents, avec la série « Chérub » du britannique Robert Muchamore, ou bien « Alex Rider », d’Anthony Horowitz. Ces séries, souvent plébiscitées par un lectorat de garçons adolescents, sont parfois décriées par certains précepteurs.

Mais, conclut Raymond Perrin : « Bien malin qui pourrait envisager l’avenir du polar jeunesse. Une chose est sûre : le mot polar a perdu désormais toute connotation péjorative au profit d’une connotation positive et affective. Le genre continue de développer ses collections spécifiques, souvent qualifiées de "noires" ».

Cet ouvrage passionnant, d’une richesse et précision inouïes, est enrichi d’annexes précieuses : un index des héros, héroïnes et personnages des séries du polar jeunesse ; une bibliographie importante ; un index des noms de personnes citées dans l’étude.

Le travail de Raymond Perrin nous est infiniment précieux. Il constitue une véritable mine dans laquelle les chercheurs, les étudiants et tous les médiateurs du livre que nous sommes pourront puiser à loisir.



 
Les autres ouvrages de Raymond Perrin :

Essais publiés :
Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans (1901 – 2000) à travers les romans, les contes, les albums et les publications pour la jeunesse, L’Harmattan, 2001 (dernière édition revue en novembre 2006)
Littérature de jeunesse et presse des jeunes au début du XXIe siècle. Esquisse d’un état des lieux, enjeux et perspectives, L’Harmattan, 2007 (dernière édition revue en 2008)
Fictions en journaux pour la jeunesse au XXe siècle, l’Harmattan, nouvelle édition remaniée 2009

Participation à des ouvrages collectifs :
Dictionnaire encyclopédique des littératures de l’imaginaire (Direction Jacques Goimard, Stéphane Manfredo et Nathalie Labrousse), L’Atalante (A paraître)
Dictionnaire du roman populaire francophone (Direction Daniel Compère), Nouveau monde éditions, 2007
Dictionnaire encyclopédique Livre et littérature de jeunesse en France (Direction Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot), Cercle de la librairie (à paraître).
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