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Vendredi ou les autres jours

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 10 ans
: 9782352893738
10.00
euros

L'avis de Ricochet

A toi lecteur qui a lu et relu les aventures de Robinson Crusoé racontées par Daniel Defoe au XVIIIe siècle.
A toi lecteur qui a lu et relu le roman de Michel Tournier Vendredi ou la vie sauvage.
A toi lecteur qui n’a lu ni l’un ni l’autre de ces opus !

Réjouissez-vous, car ce roman de Gilles Barraqué a été écrit pour vous.

Dans le roman de Daniel Defoe, Robinson Crusoé, suite à un naufrage du navire sur lequel il était embarqué, a échoué sur une île déserte. Si cette île apparaît dans un premier temps hostile et si la solitude lui pèse terriblement, il parvient, dans un sursaut de survie, à mobiliser espoir et énergie pour domestiquer la Nature et retrouver quelques onces de civilisation. Précisons que ce sursaut, il le doit à un indigène ayant réussi à échapper à l’emprise de cannibales qui de temps à autres accostent sur l’île. Robinson s’empresse aussitôt de faire de cet homme son serviteur, qu’il baptisera par la suite Vendredi, en référence au jour de leur rencontre. Le nouveau rapport à la Nature et les liens tissés jour après jour avec celui qui deviendra son compagnon bouleversent à jamais la vie et le destin de Robinson.

Gilles Barraqué se réapproprie l’argument narratif précédent et choisit d’approfondir le lien tissé entre les deux personnages sur cette île déserte. L’amitié qui s’est construite dans le quotidien de la vie sur l’île entre Robinson et Vendredi éradique de manière drastique l’ascendant que Robinson s’était en premier lieu arrogé par rapport à Vendredi. Et l’on découvre dès les premières pages du roman avec force bonheur et surprise deux personnalités facétieuses, terriblement joueuses ! A force de jouer, de bien manger et de bien boire, les deux compères ont composé une vie à deux dans la Nature, dont la « routine » les satisfait pleinement. L’autarcie leur va tellement bien que, lorsqu’ils voient accoster un navire de la marine anglaise, leur réflexe est d’éloigner au plus vite ces anciens compatriotes !

C’est précisément le carnaval permanent qui règne désormais sur l’île, qui n’est plus déserte puisqu’elle compte deux habitants, cette joie irrévérencieuse découlant des jeux et des joutes verbales entre les deux compagnons, qui conquièrent littéralement et littérairement les lecteurs. La verve de Gilles Barraqué, la segmentation du récit en courts chapitres, font de fait ressembler le texte à de brèves saynètes théâtrales. Au fil de ce récit très rythmé à la langue très travaillée, les illustrations d'Hélène Rajcak sont autant de contrepoints drolatiques ou de pauses imaginatives.

Aux lecteurs de savourer à leur tour cette réécriture sensible et intelligente d’un passionnant roman d’aventures.

Présentation par l'éditeur

Sept jours d’immobilité totale à fixer des tiges de bambou. Vendredi est atteint d’un mal qui le ronge, les yeux dans le vague et le vague à l’âme. Son fichu barbu de Robinson lui a bien préparé une cuisse dorée de crucru, rare comme un coffre rempli d’or, Vendredi n’a pas daigné ouvrir la bouche. Pas plus pour jouer un de ces fameux airs de flûte. C’est désormais une question de vie ou de mort