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Un été algérien

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 12 ans
Réédition
: 9782070633883
8.00
euros

L'avis de Ricochet

Le roman se déroule sur une période très courte : juin et juillet 1958. C’est Sélim qui raconte ce moment-clé de son histoire. Sélim est le fils de Tayeb, employé de monsieur Barine, le propriétaire de la ferme où il vit. Sélim a de la chance, il va au lycée à Sétif, avec Paul, le fils d’Edmond Barine. Sélim et Paul ont quinze ans et sont amis, comme peuvent l’être deux garçons de conditions sociales différentes : Paul peut tout faire et tout dire ; Sélim doit se taire et accepter. Pourtant, cet été là, les choses changent. Monsieur Edmond annonce à Sélim qu’il n’ira plus au lycée à la rentrée, qu’il devra travailler à la ferme : « Je veux former un homme qui dirigera la ferme : quelqu’un d’instruit, capable au besoin de me remplacer, une sorte de régisseur. […] Ton fils est assez instruit. Tu oublies vite qu’il est allé au lycée grâce à mon intervention. Les critiques n’ont pas manqué dans la région. On disait que je formais les futurs cadres du F.L.N. » Sélim prend peu à peu conscience de sa condition. Peu après, des soldats français arrivent à la ferme afin de monter la garde durant les moissons. On craint des attaques du F.L.N. Durant une altercation, les soldats abattent un nomade qui tentait de sauver son troupeau. Sélim assiste à la scène et s’éloigne de Paul qui trouve tout cela « normal ». Il est contacté ensuite par le F.L.N. et accepte de devenir un agent de renseignements. Les événements se précipitent et, la nuit du premier août, la ferme est attaquée par les combattants algériens. Sélim a définitivement choisi son camp.

Lorsque Nozière publie Un été algérien en 1990, il doit affronter des réactions violentes de la part de certains médiateurs. On lui reproche de s’attaquer à un sujet difficile et douloureux –il y a encore assez peu de romans qui paraissent sur la Guerre d’Algérie à cette époque, surtout en littérature de jeunesse. On lui reproche d’aborder la torture et d’insinuer que certains militaires français auraient torturé des Algériens. C’est un sujet tabou. Pourtant, plus de vingt ans après, les faits lui donnent raison. Le roman n’a rien perdu de sa force et Nozière évoque cette faille douloureuse de notre histoire avec beaucoup de nuances, s’attachant à montrer le cheminement intérieur des différents protagonistes, Français et Algériens.
Nozière, passionné par le sujet, a séjourné en Algérie. Il y fut nommé comme coopérant en 1967 dans la ville de Sétif. Durant deux ans, il a été professeur d’histoire-géographie au lycée Mohamed Kérouani.

A lire aussi, l’autre roman « algérien » de Nozière, « Le Ville de Marseille », publié au Seuil jeunesse.

Présentation par l'éditeur


L’histoire est racontée par Salim, 15 ans. Dans une Algérie encore française où la guerre d'indépendance s'éternise, deux amis de quinze ans, Paul et Salim, voient leur amitié s’effriter au fil des événements. Paul, fils de Monsieur Barine, le propriétaire fermier français, supporte de moins en moins la rébellion des Arabes, les attentats, et la menace de devoir peut-être un jour quitter « son »