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Un éléphant à New York

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 4 ans
: 9791023505603
16.00
euros

L'avis de Ricochet

Il fallait bien un album grand format pour raconter cette histoire ! Rassembler New York et un éléphant dans le même espace, c’est le jeu de Benoît Broyart et Delphine Jacquot qui convoquent la grande ville comme Little Nemo dans ses voyages imaginaires et un éléphant comme dans Babar.

John, puisque tel est son nom, sort un matin de chez lui. Il est tout étonné de voir dans le jardinet devant sa maison, un éléphant. La première illustration donne le ton, John est petit, un peu disproportionné, le regard figé sur un magnifique éléphant gris, massif, mal à l’aise dans les plates-bandes. Et c’est tout de suite, le rêve. John éléphant, en rêveur masqué, survole la ville dans la nuit étoilée. Dans sa trompe, il tient une brosse à dents, pour faire écho au texte qui rapporte les paroles acidulées des parents de John qui le qualifient de rêveur. La preuve ? « Il mettait un temps infini à se brosser les dents chaque matin ». En les entendant, on comprend son besoin d’ailleurs et son désir d’ami car son environnement scolaire n’est pas non plus accueillant. Sans doute, pourrait-on dire que John est en décalage sans toutefois être hors norme. Les illustrations cultivent cet écart. Beaucoup d’images sont à la fois, drôles et un peu étranges, doucement inquiétantes. Tous ces piétons qui passent, raides devant l’éléphant et que l’on aperçoit à travers ses pattes, étonnent. Le découpage de l’éléphant opéré en plans superposés au milieu de la circulation surprend, sans compter sa présence dans le bus ! Cette amitié rêvée, désirée fait sortir John de lui-même et l’entraîne au musée, assis côte à côte sur une banquette, en contemplation devant les tableaux ou dans une jungle de carte postale. Le regard ailleurs, John vit pleinement son aventure intérieure. A la fin de l’histoire, toujours seul, toujours décalé mais pacifié, John a grandi, fort de son ami et de son rêve assumés.

Une belle histoire un peu mélancolique portée par un style fin, travaillé où les adverbes, comme les discours rapportés, ont un rôle piquant, une illustration virtuose qui rend le mal-être palpable, les deux portés par la poésie et le charme newyorkais, offrent au lecteur un album sensible, poignant, érudit et fort.

Présentation par l'éditeur


John est un petit garçon un peu solitaire et très rêveur, alors forcément, il a un peu de mal à se faire des copains. Un jour, à sa grande surprise, il voit un éléphant dans la cour de son immeuble. John se précipite pour prévenir ses parents mais, habitués à l’imagination débordante de leur fils, ils n’y prêtent guère attention. John décide alors d’aller se promener avec son nouvel ami dans les