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Un, deux, rois

Théâtre
Théâtre
à partir de 9 ans
: 9782211205818
7.10
euros

L'avis de Ricochet

Trois personnages : le roi, l’enfant et le faiseur de couronnes se partagent cette pièce de Nathalie Papin. D’entrée, un jeune roi s’entraîne, il manipule un jeu de construction et son discours au futur, à la première personne, l’identifie rapidement à un tyran « au début, je ferai des gens » « je mettrai des murs ». Despote absolu, au langage enfantin mais impérieux, il se confronte au faiseur de couronnes. Un dialogue savoureux sur couper la tête / avoir la tête coupée s’engage : qui du roi ou du roturier perdra la tête ? Le jeune roi est décapité et part avec sa tête sous le bras. Ainsi apparaît le roi TOC, roi de pacotille dans un royaume de murs et de clés, enfermé dans sa position, il refuse son aide à l’enfant qui cherche son grand-père, le roi de Rien, disparu. S’ensuit un jeu de têtes comme jeu du chapeau dans une mise en mots très vive où les têtes tombent, reviennent. L’enfant en quête de son origine brise l’interdit de la salle des archives où sont rassemblées différentes têtes, fait des essayages de têtes et se retrouve en prison avec le faiseur de couronnes. Il casse les murs, « trop facile » dit-il. Le roi Toc ainsi dépossédé de son pouvoir divague, devient TocToc.
L’auteure offre un très joli passage en forme de comptine délirante à partir d’un jeu de mots, jeu de « moi » très fort, l’hypertrophie du « moi » produit des catastrophes ! La libération de l’enfant ouvre une période d’espérance incertaine et la pièce se clôt sur un dernier monologue, au futur prophétique en réplique à la scène inaugurale, « les gens se salueront autant qu’ils voudront… Au début… » Mais après ? Du despotisme à la démocratie, le passage d’une figure du pouvoir à une autre se fait par la médiation du faiseur de couronnes. Enfant roi et enfant sauveur, ces images fondatrices de nos civilisations sont questionnées, jusqu’au dérisoire par la progression impulsée par le passage du roi Toc, à TocToc et enfin TocTocToc. Joyeux comme un jeu de massacre, sérieux comme une tragédie antique sur le pouvoir, l’extrême simplicité du langage impressionne et on croiserait volontiers Un, deux, rois de Nathalie Papin avec Monsieur Cent Têtes de Ghislaine Herbéra, ou Alice et Ubu roi, même si les ambiances diffèrent fortement. Rendre la vivacité des propos, et des têtes qui s’envolent comme des ballons, demande sûrement une mise en scène experte qu’on aimerait voir.

Présentation par l'éditeur


Dans un pays composé d’une multitude de royaumes, un futur roi s’entraîne. Il est interrompu par le faiseur de couronnes qui lui remet la sienne. Or, elle est en toc. Qu’importe, l’essentiel est d’être roi, il sera donc le roi Toc. Il est aussi dérangé par un jeune garçon qui cherche son grand-père, un roi lui aussi, mais qui demeure introuvable. Normal, c’était le roi de Rien.

Au pays des Rois,