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Ultraviolet

Roman
à partir de 11 ans
: 9782844209047
8.00
euros

L'avis de Ricochet

Canada, été 1936. Lucy vient tout juste d’avoir treize ans dans un pays à la fois miné par la crise économique et brûlé par le soleil. L’ennui lui colle à la peau comme la poussière obsédante que les vents soulèvent. Sa vie de famille est austère, triste et étouffante. La sécheresse extrême et le manque d’argent ne lui permettent pas de manger à sa faim, encore moins de goûter aux plaisirs adolescents.
Ultraviolet est une histoire qui prend la forme du journal intime. L’écriture suit la lente succession des jours et les mouvements d’un cœur agité. C’est là que Lucy peut s’exprimer comme elle l’entend : elle couche sur le papier ses pensées les plus intimes sans être censurée ni rabrouée. Elle observe les bizarreries d’un monde qui la tourmente sans jamais cesser d’y découvrir du sens. Elle considère les mots comme des secrets dont elle nous livre le sens caché avec tendresse: « Chaque minute est un tourment d’ennui, de chaleur et d’inanition (c’est un mot que j’ai appris récemment et que j’aime bien ; ça vient de inanire, vider mais ça ressemble à inanimé, mort) ». Elle les convoque avec volupté pour mieux les saisir intimement : «J’écris le mot chocolat et j’ai envie de le lécher, mais ça ne ferait que brouiller l’encre sur la page donc je me retiens. Je regarde le mot, le prononce à voix basse, ferme les yeux et suscite le goût du chocolat, mordillant un tout petit bout de brownie dans mon imagination ». Le plaisir de l’écriture naît du pouvoir évocateur des mots qui compensent une réalité bien morne pour la jeune fille.
Un jour, le jeune docteur Beauchemin arrive dans la maison du pasteur. Elle le considère d’abord comme un des vagabonds que son père, pasteur, a l’habitude et la générosité de recueillir. Puis elle apprend à le découvrir pour s’en rapprocher doucement. Un sentiment différent, plus fort et plus durable, vient alors se mêler à la complicité des débuts. Cette rencontre amoureuse se transforme en apprentissage de la vie. Le temps d’un été brûlant, la petite fille deviendra une véritable jeune fille.
Le journal intime est le lieu propice où la parole se dévoile, se déploie et se repose. Il permet de se libérer (du poids que la famille fait peser sur des mots qu’elle juge coupables, par exemple), et d’entrer en soi pour s’adresser à soi. Pour Lucy, le journal permet aussi de réfléchir et de mettre en mots des pensées qui ne demandent qu’à s’éclaircir. Les mots lui indiquent le chemin le plus juste à emprunter afin de s’approprier le monde.
Ce court roman laisse une empreinte durable dans l’esprit du lecteur. Les mots se reflètent les uns sur les autres formant une phrase traversée d’ondes lumineuses. Alors que le personnage est écrasé par le poids de la chaleur, le lecteur, lui, est inondé de lumière.
Lucy nous laisse un message pour tous, grands et petits: « Bernard m’a bel et bien donné un cadeau, n’est-ce pas ? (…). C’est le cadeau d’une façon de vivre (…) Oui bientôt, très bientôt…voyageant, étudiant, lisant mille livres et posant mille questions je me construirai une existence à moi. Plus de compromis. Ceux qui m’aiment, m’aimeront, les autres tomberont en chemin. A moi la liberté ! » Et à nous la littérature, celle à laquelle on pense encore longtemps le livre refermé.

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