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Taupe & Mulot. La tarte aux lombrics

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 5 ans
60 pages
: 9782330122553
12.90
euros

L'avis de Ricochet

Voici, après la parution d’un premier volume (Taupe & Mulot : les beaux jours) en avril, trois nouvelles historiettes qui nous content l’amitié sans faille qui unit Taupe et Mulot. Et peut-être parce que les deux compères vivent plutôt près du sol, Benjamin Chaud a choisi des tons d’automne, bruns, rouges, orangés, pour dessiner un univers touffu de feuilles et de baies. Ce choix d’une nature très présente rapproche le livre de l’univers du roman Le vent dans les saules de Kenneth Grahame. Taupe et Mulot, ainsi que leurs voisins Hibou, Hérisson et Belette, forment une petite communauté d’animaux personnifiés, toujours très utilisés dans la littérature enfantine, et très appréciés. Autour de Taupe et Mulot, on ne peut s’empêcher de convoquer les héros de Beatrix Potter ou Arnold Lobel en passant par les trois amis d’Helme Heine ou ceux de Susan Varley : il y a là un lien, une passation qui permet entre parents et enfants, voire avec les grands-parents, de tisser une complicité autour des émotions suscitées par les aventures, les pérégrinations ou les épreuves des petits animaux qui vivent comme des humains. Pour créer cette atmosphère sont convoqués là un ton particulier, entre malice et bienveillance, un humour basé sur l’absurde et le burlesque, et la pudeur qui enveloppe l’amitié de sa grande écharpe réconfortante.

Pour évoquer la mauvaise vue de Taupe, que celui-ci ignore superbement, Henri Meunier imagine un texte qui fait la part belle à l’implicite ; heureusement, l’illustrateur Benjamin Chaud est là pour décoder : Taupe est jaloux… parce que sa fiancée l’a confondu avec un portemanteau ! Il prend le cacao pour de la farine, ou offre un caleçon à la place d’un bonnet de nuit. Un pari ambitieux lorsqu’on s’adresse à de jeunes lecteurs, mais ce recours au comique de situation peut être très efficace, comme dans les aventures de Laurel et Hardy.

Les situations burlesques s’enchaînent avec brio et les confusions volontaires (un portemanteau peut-il vraiment tomber amoureux d’un balai ?) une fois comprises déclenchent les fous rires. Quelques ressorts plus classiques, dont il n’aurait pas fallu se priver, comme le goût de Taupe pour les lombrics juteux (« beurk ! ») auront un succès plus immédiat. La représentation physique également fait sourire et colle avec le tempérament des personnages : Taupe avec ses petites lunettes noires à monture rouge crânement posées en équilibre sur son fin museau, la dégaine dégingandée de Mulot, un peu à l’étroit dans son pull-over tricoté, son tendre regard qui louche sur son excentrique petit compagnon. Les protagonistes ont souvent les pupilles qui se rencontrent, ce qui fait pouffer le lecteur, surtout devant les portraits de groupe.

La recherche d’un vocabulaire à la fois désuet et précieux est confortée par la représentation d’intérieurs vieillots, toujours dans de riches tons brun sépia, comme si ce type de récit ne pouvait se situer que dans un passé un peu dépassé, une référence à l'enfance des auteurs peut-être. Avec aussi des expressions créées pour l’occasion et au succès garanti (« nom d’un bourricot ! »), les dialogues deviennent autant de propositions de mise en voix prometteuses. Cette complicité des illustrations et du texte renforce la représentation de l’amitié de Taupe et Mulot, et font tout l’intérêt de ce petit opus singulier, plein de poésie, de nostalgie et d’humour.

Présentation par l'éditeur

Revoici Taupe et Mulot !


L’automne est arrivé, avec son ballet de feuilles mortes. Bien que Taupe soit fâché contre sa fiancée qui s’est, selon ses dires, entichée d’un porte-manteau, les deux compères ne se laissent pas décourager pour autant.


Entre gentilles attentions, concours de cuisine et mélodies entraînantes au violon, les voici qui, une fois de plus, nous régalent de leur