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Silence, on irradie

Roman
Roman
à partir de 13 ans
: 9782844207722
8.00
euros

L'avis de Ricochet

Un village paisible, quelque part à l’est de l’Europe, tout près d’une centrale nucléaire, entouré d’une belle forêt de résineux. Un lac artificiel bordant le site ; l’eau y est délicieusement chaude et l’endroit désert. Les gens du village et de la ville proche, Nardyl, travaillent à la centrale.
Et puis un soir, c’est l’explosion, toute la région est touchée. Vient le temps de la destruction, la mort, le silence. A la radio, on parle « d’incident » … Mais l’armée arrive, fermant le site et les routes d’accès. Dans le village désert, règne désormais une atmosphère oppressante. On ne distingue plus que les silhouettes des hommes en blanc cherchant d’éventuels survivants.
On suit le destin de plusieurs personnages plongés dans le chaos. Sven, tout d’abord, un jeune garçon qui aime se baigner dans le lac malgré l’interdiction de ses parents, échappe à la mort en tombant dans une champignonnière sur le chemin du retour. Sa petite sœur, Siloé, et Grégoras, un adolescent débile léger survivent aussi , se trouvant dans une cave au moment du drame. Sven a peur des hommes en blanc et ne veut pas être « pris » par eux. Aussi entraîne-t-il Siloé et Grégoras dans une fuite épuisante. Et puis il y a Yougor, le jeune dermatologue, qui se lance à la recherche insensée de la jeune institutrice dont il est amoureux, bravant les interdits et les frontières installées.
Ces derniers survivants errent dans un territoire hostible et fantomatique, où rien n’est comme avant. Ils guettent l’hélicoptère qui viendra les chercher. Mais lorsqu’enfin l’appareil survole la zone, il ne s’arrête pas et les abandonne …
Ce court roman est impressionnant et ne laisse pas indifférent. On pense bien sûr à la catastrophe de Tchernobyl et à d’autres, peut-être, à venir ! Le sujet, grave, est traité de manière réaliste et tout à fait plausible : les habitants qui vivent grâce à la centrale et qui meurent aussi à cause d’elle, atteints avant la catastrophe, de maladies de peau, de pertes de cheveux ou de dents ; la violence de l’explosion et de son impact sur toute la région ; les repères et le monde qui se brouillent définitivement ; les médias qui minimisent le drame et les militaires qui quadrillent la zone , sans état d’âme : pourquoi sauver des humains condamnés à court terme ? Et puis l’espoir, qui fait parfois commettre des folies … On s’attache aux enfants livrés à eux-mêmes tout en les sachant condamnés.
L’action progresse par paragraphes courts, comme autant de petites scènes dramatiques et intenses. L’écriture fluide et élégante donne une sorte de douceur bienvenue au texte, de respiration.
A lire, à faire lire, à débattre …