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Rien n'arrête Sophie : l'histoire de l'inébranlable mathématicienne Sophie Germain

Ilona Meyer
Album
à partir de 9 ans
: 9782372730693
14.00
euros

L'avis de Ricochet

Plus personne aujourd’hui n’ose prétendre que les filles ne seraient pas faites pour les mathématiques, ou vice-versa ! Pourtant, on constate encore un vrai déficit de celles-ci dans les professions scientifiques de haut niveau. Comme si les vieilles croyances avaient la vie dure. Après tout, il n’y a pas si longtemps qu’on a reconnu le rôle majeur de Marthe Gautier ou même de Rosalind Franklin. C’est pourquoi il faut saluer la parution de ce formidable album, gai, coloré, chatoyant et plein d’espoir !

L’auteure Cheryl Bardoe dresse le portrait d’une femme peu ordinaire, porté par les illustrations très vivantes et expressives de Barbara McClintock qui font de cet album documentaire une pépite de l’histoire des sciences racontée aux plus jeunes.

Sous la Révolution française, Sophie Germain grandit dans une atmosphère protégée et bénéficie d’une éducation rarement autorisée aux filles, grâce à des parents acquis aux idées du siècle des Lumières. Mais il y a 200 ans, malgré les grands discours sur l’égalité et la liberté, celles-ci restent réservées aux hommes, et les filles doivent se préparer à devenir épouses et mères plutôt que scientifiques, exploratrices ou femmes politiques. Or cette Sophie-là s’intéresse particulièrement aux mathématiques, ce que déplorent ses parents sans parvenir à la dissuader de se lancer dans la recherche.

Sophie est sous le charme de la logique et de la cohérence : rien de magique, tout s’explique et surtout tout se mesure. Comme l’illustre Barbara McClintock, les chiffres l’habitent, la font vibrer, ses rêves sont peuplés d’équations, d'inconnues et de parenthèses. Ils débordent, explosent en formules colorées dans les doubles pages de l’album, « Oh, la belle rouge ! », « Oh ! la belle bleue ! ». L’inébranlable Sophie observe le monde qui l’entoure, réalise des expériences, calcule et recalcule. McClintock n’hésite pas à introduire des schémas, des illustrations extraites de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert dont Sophie a nourri son imagination et sa réflexion. Elle consacrera son existence à la recherche mathématique fondamentale et, dans sa grande sagesse, persévère jusqu’à ce que l’évidence l’emporte : McClintock l’imagine dansant sur les pavés avant de rédiger l’équation sur les schémas des vibrations. Et le monde des hommes de science reconnaît enfin son mérite ! Le Grand Prix de l’Académie des sciences lui revient en 1816. Très vite, grâce à ses travaux, on réalisera des ouvrages qui défient la gravité, la tour Eiffel par exemple.

Alors, c’est vrai, Sophie ne se maria jamais et n’eut aucun enfant. Peut-être a-t-elle sacrifié sa vie sentimentale à sa passion des mathématiques, mais l’époque lui a-t-elle laissé le choix ? L’histoire de Sophie Germain et sa remarquable mise en images par Barbara McClintock réussira sûrement à convaincre plus d’une petite fille que oui, l’avenir des filles passe par les maths ! C’est dit !

Présentation par l'éditeur

« Demander à Sophie de ne plus s’intéresser aux mathématiques revenait à demander à un oiseau de ne pas s’envoler. »

Depuis qu’elle est petite, Sophie adore les mathématiques. Le problème c’est qu’elle est née en 1776, et qu’à cette époque-là, les femmes n’ont pas le droit d’étudier. Aussi ses parents tentent-ils par tous les moyens de l’arracher à sa passion. Ils lui confisquent même les bougies