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Quelques minutes après minuit

Sélection des rédacteurs
Pôle fiction
Roman
à partir de 12 ans
: 9782070642908
18.00
euros

L'avis de Ricochet

Le tout jeune Conor est en train de perdre sa mère, atteinte d’un cancer. Ils vivent encore tous les deux à la maison, aidés de temps à autre par la grand-mère de Conor, que le garçonnet apprécie peu. Le père est absent, remarié aux Etats-Unis. Conor supporte un jour après l’autre, maltraité à l’école par ses camarades le jour, attristé de l’état déclinant de sa mère le soir. Il fait un cauchemar qui le réveille en sueur, toujours le même. Et puis arrive l’Homme Vert, en fait l’if du jardin qui prend vie. Le monstre veut absolument raconter trois histoires à Conor, attendant que la quatrième sorte de la bouche de l’enfant. Conor a peur, n’y croit pas. Et puis bizarrement, il en vient à espérer éperdument que l’arbre va pouvoir sauver sa mère. Certes, un des traitements de la dernière chance est bien à base d’épines d’if, mais cette croyance va-t-elle suffire ?

Bouleversant roman, Quelques Minutes après minuit (minuit et sept minutes pour être précis, c’est l’heure à laquelle apparaît l’Homme Vert et aussi à laquelle se dénoueront bien des choses) est issu d’une idée originale de Siobhan Dowd, elle-même trop tôt disparue pour l’écrire. C’est donc certainement avec beaucoup d’émotion que Patrick Ness, d’une plume brûlante sous les mots neutres, l’a reprise et menée à son terme. Afin d’éviter un effet trop larmoyant, il a introduit le fantastique et l’effroi, ainsi que des histoires dans l’histoire ponctuant le quotidien de Conor. Le temps des récits enchâssés, on oublie presque le cancer de la mère qui progresse à grande vitesse. Brodant sur des contes merveilleux, ces histoires ont en fait une portée philosophique en rapport direct avec la vie de Conor. Les symboles, d’abord trop subtils pour Conor, deviendront limpides vers la violente et belle fin. Beaucoup trop tôt jeté dans le monde des adultes, le garçonnet va aussi devoir apprendre à composer rapidement avec la personnalité de sa grand-mère, qui passera alors de l’hyper-contrôle à l’expression franche de son chagrin. Chacun fait comme il peut, l’essentiel étant de ne pas se voiler la face à l’instar de l’inconsistant ex-mari, semble nous dire l’if... A l’encre noire et blanche qui déborde, griffe, frotte, les illustrations saisissantes et insaisissables à la fois encadrent bien l’esprit torturé de l’ouvrage. Il est même difficile de poser des mots critiques sur le roman, qu’on voit parfaitement prétexte à débat avec des jeunes à partir de 11-12 ans. Superbement dramatique.

L'avis des internautes

Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs
le 01/18/2014 17:55

C'est une histoire extrêmement touchante. J'ai été contrainte de le lire pour l'école et au premier abord, il ne m'a pas plu. Je trouvais que le résumé et les images du livre faisaient "gamin". Bien obligée, je l'ai commencé et il ne m'a pas fallu longtemps pour accrocher. Le récit est simple et compréhensible mais l'auteur décrit les choses avec poésie. Un vrai artiste!

Présentation par l'éditeur


Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. A minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l'apparence d'un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage. Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour: sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école. Au fil des