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Pensées nocturnes

Indrek Koff
Album
à partir de 6 ans
: 9782889083930
10.00
euros

L'avis de Ricochet

Quel drôle d’équipage que ce couple de crocodiles joyeux à bord d’une voiture conduite par un jeune garçon ! Qui sont-ils ? Le petit conducteur a l’air préoccupé. 

Pensées nocturnes raconte son histoire. Il semble seul au milieu d’une pièce où, visiblement, il joue souvent. Des livres, un panda, un crocodile, un des voyageurs, des cubes, un lampadaire, un tapis, une commode ouverte, tout cela traduit la familiarité. Pourtant, le sentiment de vide, le fin dessin noir et blanc, la quotidienneté des actions - il boit du lait, se brosse les dents avant de se coucher - masquent mal un sentiment d’étrangeté ou plutôt une inquiétude palpable lorsque le petit garçon se retrouve dans son lit. 

« D'habitude, il s’endormait très vite. Mais ce soir-là des pensées tournoyaient dans sa tête ».  
Le tournoiement est traduit par une succession d’images qui accompagnent une liste de pensées désagréables « dangereuses, courageuses, colériques, fantastiques, effrayantes »… « Des pensées qui mènent très haut et très loin ». Il est alors juché sur la lune et regarde l’univers avec une longue-vue. Le récit bascule alors dans une dimension métaphysique qu’on pressentait. En regardant l’univers de haut, de loin, il saisit la finitude du monde et sa propre petitesse, angoisse pascalienne qui l’endort mais l’agite encore au réveil. Le mutisme des adultes, père occupé derrière son journal, l’oblige à trouver une solution par lui-même. Hors de la maison, il part en quête sinon de réponse, au moins d’apaisement. 

Dans leur minimalisme, les illustrations toujours aussi limpides montrent une certaine exubérance : des fruits dans les arbres, des animaux qui jouent ramènent le petit garçon au réel. Perdu dans la forêt, comme le voyageur de Descartes, il va prendre un chemin nécessairement bon.
Un album minimal pour exposer des questions existentielles, métaphysiques. Chacun s’y confronte à un moment ou un autre. Ici l’économie de moyens accroît le sentiment de solitude et la fragilité de l’enfant dans sa singularité et son universalisme jusqu'à l'apaisement. Saisissant.

Présentation par l'éditeur

Dans son lit, un enfant ne trouve pas le sommeil. Les pensées se bousculent dans sa tête. Il pense notamment à notre planète, cette pauvre Terre perdue dans l’immensité de l’univers. Et aussi à lui-même : petit enfant parmi tant d’autres. Cela le préoccupe. Au matin, les questions sont toujours là mais son père n’a pas le temps de lui répondre. Il va alors faire un tour dans la forêt. Mais il se