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Méto (T. 1). La maison

Bande dessinée
à partir de 12 ans
: 9782344017944
16.90
euros

L'avis de Ricochet

La trilogie Méto d’Yves Grevet a connu un énorme succès auprès des adolescents. Sa mise en images pour une BD est l’occasion de l’ouvrir à un nouveau public, ciblé par la collection « jeunes adultes » des éditions Glénat.

De l’aveu de l’auteur, l’histoire, par son rythme et son découpage, se prêtait bien à une adaptation. Les auteurs BD (le scénario est de Lylian, les illustrations intérieures de Nesmo, les couleurs de Lerolle et la couverture de Thomas Ehretsmann) utilisent leurs codes spécifiques pour rendre l’ambiance percutante. L’ouverture est rythmée par la répétition de « 64 garçons vivent dans une grande maison coupée du monde ». Cette donnée de base suscite, la première fois, l’image métaphorique d’un jeu d’échecs : qui sont les noirs ? qui sont les blancs ? Le héros Méto, qui se distingue par son col qui rebique, est ensuite présenté. Sa main tendue vers Crassus, un nouveau venu, se tend aussi vers le lecteur et nous implique dans l’action.

Le couple formé par Méto et Crassus nous conduit dans l’univers des contraintes de « la maison ». « Strict » est le maître-mot qui caractérise la loi imposée aux enfants : ne pas faire craquer les lits, ne pas regimber face aux piqûres obligatoires, ne pas déchirer, en chantant trop fort, la fine bande de papier lors de la chorale, être assidu au sport. Ces images d'un univers concentrationnaire évoquent dans notre esprit les collèges anglais, Dickens ou des atmosphères kafkaïennes. La nourriture (à condition de ne pas se jeter dessus), le confort et la camaraderie rendent, semble-t-il, le quotidien supportable. La dialectique entre privation de liberté et privation de souffrances construit le récit, scandé par les épreuves que les adolescents subissent sans savoir pourquoi. Brimades et punitions (frigo ou claque tournante) et compétitions qui ressemble plus à la guerre qu’au sport forment le quotidien des pensionnaires soumis à la loi. Le personnage de Crassus questionne ces règles et fait écho aux interrogations de Méto. Les illustrations par jeux de cadrage ou portraits rendent la violence : le jeu de l’Inche se joue à quatre pattes avec une balle de cuir dans la bouche, le visage de Crassus nous dit que les autres agissent en animaux. Le sens de la responsabilité de Méto le dispute à son envie d’être débarrassé du poids de sa tâche de tuteur, d’autant qu’il sent chez Crassus un comportement hors norme. Pourquoi parle-t-il toujours de son manteau ? Pourquoi a-t-il, lui, ce souvenir d’avant ?

Le découpage du récit présente des ellipses qui tiennent le lecteur en alerte. Pourquoi, alors que c’était sa dernière journée de tutorat, Méto va-t-il au frigo ? Les auteurs posent d’abord la punition, la solution vient ensuite ouvrir une nouvelle péripétie : on progresse ainsi de question en réponse, comme autant de fenêtres ouvertes sur un mur... et ceci jusqu'à la pirouette finale.

Frustration diabolique… On a hâte de connaître la suite soit en se précipitant sur le roman soit dans les autres volumes BD. Au choix, pour des plaisirs de lecture différents ou conjugués !

Présentation par l'éditeur

« 64 garçons vivent dans une grande maison coupée du monde. Je suis l’un d’eux. »

Ils sont 64 enfants, coupés du monde et surveillés de main de fer par les Césars. Le quotidien de Méto, Quintus et leurs camarades est régulé par des règles étranges et rigides. Aucun écart de conduite n’est toléré. Seule manière de survivre à ce quotidien : respecter le code de conduite, encore et encore. Lorsque