L'avis de RicochetLes Poissonard tiennent une crèmerie à Paris. Lorsque la deuxième guerre mondiale éclate, ils comprennent assez rapidement l’intérêt du marché noir, et s’enrichissent sans aucune arrière-pensée. Fils d’une habitante du quartier, le jeune Léon Lécuyer a lui choisi la voie de la résistance, voire de l’héroïsme…
Ecrit en 1952, ce roman a connu un succès non démérité ; il a été par la suite adapté en téléfilm, et reparaît aujourd’hui, illustré par un grand nom de la littérature jeunesse. Bien que cadré historiquement, il peut se transposer à n’importe quelle situation d’occupation, tant son panel de personnages est représentatif. Au centre les Poissonard, ni pour ni contre, voguant au gré des vents politiques. Il ne s’agit même pas de prudence, le couple est humainement vide, d’un égoïsme sans bornes. C’est très drôle à la lecture, effrayant à la réflexion car plus que réaliste… Autour les clients, dont les positions plus tranchées se heurtent parfois dans des disputes hautes en couleurs, mais reçoivent toujours une oreille neutre de la part des Poissonard. Il y a aussi un soldat allemand un peu simple, un tailleur juif en fuite, deux employées aux mœurs opposées… Et puis Léon Lécuyer, jeune homme cultivé et romantique, qui découvrira durant la guerre à la fois l’amour et l’héroïsme. Son personnage maladroit, touchant, prend toute sa densité dans les dernières pages, cruelles et sans espoirs sur la nature humaine. Extrêmement bien écrit, dans une langue vivante et imagée, le texte adopte avec un naturel parfait les nombreuses illustrations en couleur, reflets des propres souvenirs de Philippe Dumas. Un classique. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Ecole des Loisirs (L')En marge de la maison d'édition scolaire "L'Ecole", Jean Fabre crée en 1965 les éditions de L'Ecole des Loisirs. Avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, ils vont constituer, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l'édition de jeunesse, venant du monde entier, qui leur permettra d'imposer leurs... |