L'avis de RicochetUn soir de fête chez son ami Truman Capote, Noureev trouve un chien : il ne semble appartenir à personne et le danseur adopte ce gros animal pataud qu’il baptise Oblomov. Le chien suit son maître partout et apprend beaucoup de choses sur la danse. A la mort de Noureev, Oblomov est recueilli par Olga, une ballerine proche du danseur. Bientôt, la nuit, le chien s’entraîne à des entrechats, des cabrioles et des pirouettes. Olga surprend ce qui restera leur secret très particulier.
Chez Elke Heidenreich, les animaux s’anthropomorphisent : après les manchots amateurs d’opéra (Opéra polaire, Seuil, 2001), les chiens se font ici danseurs. Où veut nous entraîner l’auteur ? Le récit est étrange, un univers qui oscille entre le décadent et le cocasse, illustré en couleurs à la peinture par – le choix est pertinent - Michaël Sowa. Il en ressort une démonstration de l’intelligence et des sentiments animaux, évidemment, mais aussi une évocation de la profondeur mystérieuse de l’art : l’aspect instinctif du ressenti, les personnalités ambigües de Capote et Noureev, la gratuité du geste dont l’artiste vit pourtant, le dépassement du corps, etc. Une petite nouvelle curieuse et décalée, un auteur qui ne lasse pas de surprendre. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : SarbacaneCréées en 2003 par Frédéric Lavabre et Emmanuelle Beulque, les éditions Sarbacane, éditeurs indépendants, offrent un large choix d'albums (plus de 60 titres ) pour tous les âges, des documentaires et récemment des romans.
Ouverture d’esprit, créativité et qualité, la rencontre entre texte et... |