L'avis de RicochetAnna vient d’emménager avec ses trois enfants – chacun de père différent – dans la maison qu’elle a héritée de sa mère. Avec son fils Tom, narrateur intègre et attachant, nous pénétrons dans la bâtisse et perçons les secrets enfouis de cette famille suédoise disparate. Un voisin âgé d’origine allemande mandate Tom pour les travaux d’entretien de ses alentours et lui révèle, entre tonte de la pelouse et taille de la haie, la relation qu’il a vécue avec sa grand-mère peu avant la naissance d’Anna.
L’adolescent se heurte tout au long du roman à des coups d’une rare violence : au contact de son demi-frère, dans un premier temps, dont l’agressivité n’a d’égales que sa sottise et sa méchanceté, puis face aux réelles intentions du nouvel ami flic de sa mère. Comme si grandir contraignait le jeune homme à encaisser des claques l’arrachant peu à peu de sa candeur enfantine.
On retiendra, de ce récit, l’analyse pertinente et profonde des personnages. Leurs tourments et la chute du roman laissent pourtant au lecteur un sentiment de malaise et d’oppression… comme sous la menace d’un serpent venimeux.
Claude-Anne Choffat Voir la chronique de Claude-Anne Choffat
Brève présentation par l'éditeurTom, 14 ans, emménage dans la belle maison dont sa mère a hérité. Les trois enfants sont tous de pères différents. La mère de Tom rencontre un nouvel ami, un flic aux idées carrées, qui se montre bientôt plus sensible aux charmes de la soeur de Tom qu’à sa mère. Tom fait la connaissance de leur voisin, Karl Berger, un vieil Allemand au passé obscur, qui lui demande de l’aider à entretenir son jardin. Tom est un garçon sensible et droit qui a un sens aigu de la solidarité et de la justice. Dans un style détaché, il nous parle des relations détestables qu’il entretient avec Morgan, son grand-frère brutal, avec qui il est en conflit permanent et de ses difficultés à s’intégrer dans sa nouvelle école. Tom ne se sent pas compris, même par son entourage proche. Il s’identifie au destin de van Gogh dont il a l’Autoportrait à l’oreille coupée affiché sur le mur de sa chambre. Dès le premier chapitre, un serpent (référence à Stig Dagerman) apparaît dans le jardin aux apparences paradisiaques et il revient comme un fil rouge à travers le roman, annonciateur de la catastrophe à venir. Mats Wahl donne petit à petit les différents morceaux du puzzle et construit ainsi progressivement une intrigue dont la chute surprend et choque le lecteur. L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |