L'avis de RicochetComment accepter la disparition de Maman, envolée un jour de grand vent ? C’est au fond de lui-même que le narrateur de cet album va la retrouver. Ce sujet grave est traité avec une grande délicatesse dans le texte et l’image. Petit Poucet à la recherche de sa mère, l’enfant reconstruit à partir de souvenirs partagés des fragments d’elle, éparpillés dans l’espace de la ville : rue de la Sardine, il trouve les mains qui caressent un chat ; parc des Pas Perdus, les jambes qui grimpent aux arbres ; rue des Gratte-ciel, la tête. Mais cela ne suffit pas à recréer sa mère, encore faut-il le battement du cœur et l’amour. A la fin de l’histoire, mère et fils ont repris leurs places, le mouvement qui emportait l’ensemble est calmé ; tête-à-tête, le monde est pacifié. La quête de l’enfant est illustrée de façon vive et pourtant rêveuse où les yeux ouverts ou fermés introduisent une distance méditative. De manière différente et avec une atmosphère colorée propre à Aurélia Fronty, on pense à Moi et Rien de K.Crowther, dans la reconstruction du monde, au-delà de l’absence, grâce à l’enfant. Un album « pour interroger le monde « selon le projet de l’éditeur. Danielle Bertrand Voir la chronique de Danielle Bertrand
L'éditeur : Rue du MondeNées en 1996, les éditions Rue du monde poursuivent de manière surprenante et quasi-inespérée leur travail de fond, pour "titiller l'intelligence des enfants, leur esprit critique et leur sensibilité artistique". Et dieu sait qu'à l'aube de son cinquième anniversaire Rue du Monde y a parfaitement... |