Bruno Doucey, écrivain, poète et voyageur, connaît bien les déserts et Théodore Monod qui les arpenta toute sa vie.
Ces sept courts chapitres, ponctués par les aquarelles en noir et blanc de Zaü, racontent, non pas la vie entière de ce savant singulier, mais quelques épisodes marquants. L’ouvrage commence par l’enfance de Théodore Monot à Paris au début du XXème siècle, qui s’intéresse très tôt au vivant et passe beaucoup de temps au Museum d’histoire naturelle. Le garçon de six ans se pose déjà des questions essentielles : « Comment cela serait si le monde n’avait pas existé ? Y a-t-il une limite à l’infini ? » A quinze ans, il crée sa première Société d’histoire naturelle et rédige un bulletin pour quelques abonnés, dont André Gide. Devenu carcinologue (spécialiste des crustacés) à vingt ans, il se rend en Mauritanie et rencontre le désert, qui ne le quittera plus. Il y marchera pendant des milliers de kilomètres, dans des conditions souvent très spartiates. Il y réfléchit, y trouve des végétaux, des silex, des fossiles ou des étoiles. Il s’émeut devant la beauté des choses, il réclame le respect de la vie sous toutes ses formes. Théodore Monod, l’un des derniers savants à penser le monde de manière universelle, est mort en 2000 à l’âge de 97 ans. Une lumière extraordinaire s’est éteinte. Mais ce livre, destiné aux enfants, permettra de la rallumer et de leur faire connaître un personnage magnifique. Bruno Doucey donne l’envie d’en savoir plus, de partir sur les traces du savant. Il réussit une belle invitation au voyage et à la réflexion.
Bruno Doucey a dirigé Le Livre des déserts, paru en 2005, dans la collection Bouquins, chez Robert Laffont, et il vient de publier très récemment un très bel ouvrage, L’aventurier du désert, l’itinéraire de Jules Jacques, entre désert, désir et désertion, publié chez Elytis, en octobre 2010.
Catherine Gentile
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Théodore Monod étant décédé en 2000 à quatre-vingt-dix-sept ans après avoir parcouru la planète et ses déserts, sa vie pourrait composer un gros roman. En quarante-cinq pages, Bruno Doucey en survole les très grandes lignes, donnant à lire en mots simples ce qui s’apparente à des impressions : un homme un peu fou, doux, amoureux de la nature. Des occultations volontaires laissent deviner des renoncements, des défauts chez l’homme : rien sur sa femme et ses trois enfants, un seul mot sur son caractère parfois emporté… Le résultat est sélectif mais fidèle au personnage, en une lecture facile. Les illustrations de Zaü, comme des esquisses à l’encre, renforcent à la fois une idée d’un Théodore Monod insaisissable, et une sensation de désert liquéfiant de chaleur… Très court et (conséquemment ?) très plaisant.