Le Jour où j’ai rencontré un ange


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Le Jour où j’ai rencontré un ange

Le Jour où j’ai rencontré un ange

Auteur : Brigitte Minne
Traducteur : Emmanuèle Sandron
Editeur : Alice éditions
Collection : Romans
Septembre 2007 - 8,50 Euros
Roman à partir de 11 ans
Ce livre fait partie de la sélection de Ricochet
Thèmes : Handicap, Mort/Deuil, Vie, santé, hygiène, prévention, sport

L'avis de Ricochet

Depuis la mort de sa mère, Thomas vit seul avec son père, artiste-peintre. Leur quotidien triste est bouleversé par l’arrivée de nouveaux voisins. La jeune fille, Tilly, trisomique, est en effet une tornade d’affection et de gaieté qui va redonner le goût de vivre à Thomas et son père.
Au début du roman, le narrateur Thomas n’est pas terrassé uniquement par la chaleur d’un été torride, mais aussi par un deuil qu’il n’arrive pas à faire. Refusant d’aller sur la tombe de sa mère, il garde tous ses sentiments en lui : «  Cette idée, je la repousse très vite dans mon coin secret, le coin à maman. Parce qu’elle fait mal. » (p. 12). Le père enfermé dans son atelier, en panne d’inspiration, ne va pas mieux. Dans ce contexte, Tilly est d’abord vue comme une intruse, et Thomas joue la simple politesse. Son attachement à cette surprenante fille de quinze ans (« La petite souris apeurée est sortie de scène pour céder la place à Fifi Brindacier. », p. 108) se fait insidieusement, à travers des après-midis créatifs en cuisine. Mais cette relation amicale n’empêche tout de même pas chez Thomas les réactions de rejet dès que la question de sa mère est abordée. Là encore, la situation évolue grâce aux mots justes et aux attentions naïves de Tilly (accrocher des ballons pour voler vers le paradis…) et, la gorge nouée, le jeune garçon se laisse faire peu à peu. La visite sur la tombe de la mère décorée signera le début du deuil pour Thomas et son père. Les chapitres très courts suivent un déroulement linéaire lent, en petites saynètes de la vie quotidienne qui finissent abruptement sur une remarque triste de Thomas ou une action pleine de sensibilité tendre de Tilly. Dans tous les cas, le lecteur est profondément ému, touché par la force de vie de celle qui est pourtant malade, et qui repousse - consciemment ou non, la question n’a pas de réponse - la carapace de Thomas. En additionnant des thèmes durs, on pouvait craindre la surdose chez Brigitte Minne ; il n’en est rien, l’auteur navigue sur une vague sensible sans jamais se perdre, obtenant une perle de justesse. Ce qu’on appelle un « beau roman ».

Sophie Pilaire
Voir la chronique de Sophie Pilaire

L'éditeur : Alice éditions

Alice Éditions, née en 1995, a été fondée par Michel de Grand Ry, éditeur depuis 1976. Alice Jeunesse, département de Alice Éditions, dirigé par Dominique Maes, est né au printemps 2001. S’inscrivant dans la longue tradition de l’édition belge d’illustration dont la réputation a été consacrée par les plus...