L'avis de RicochetAlfred Kropp, orphelin, quinze ans, grand maladroit timide, est brusquement embarqué dans une histoire folle qui tourne autour d’une épée moyenâgeuse. Bennacio, un descendant des chevaliers de la Table Ronde lui apprend qu’il s’agit de celle d’Arthur, dont lui, Alfred Kropp, est le dernier représentant sur terre. L’épée est convoitée par tous, et l’humanité est de toute façon en danger. Alfred Kropp reprend le flambeau. Aidé des autres chevaliers et quelques courses-poursuites en Ferrari et hélicoptères plus tard, il aura fait suffisamment preuve de ses capacités pour enfin pouvoir s’apprécier.
C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, et l’épopée du roi Arthur fait encore recette aujourd’hui. L’auteur sait donner à sa transposition suffisamment d’humour et de décalage pour littéralement captiver son lecteur pendant plus de 300 pages (grand format). Tel Arthur, qui n’était finalement qu’un banal page, Alfred passe du statut d’ado godiche à celui de héros chevalier. Il est le narrateur qui sait se moquer de lui, se sous-estime même (« Sir Alfred du Château des Méga-Conneries », p. 268), admet qu’il ne sait pas et loue le film Excalibur pour se documenter. Bennacio – figure de sage et de guide, personnage le plus important après Alfred - apparaît tel un vieillard capricieux, colérique. Ses petits arrangements avec le XXIème siècle souvent fort drôles sont dignes d’un jésuite (« Il faut se servir des outils qui sont à notre disposition »). La poursuite de la Ferrari par des Suzuki, séance de tir à l’arc incluse, est à ce titre une véritable scène d’anthologie. Rick Yancey, qui a eu une bonne idée dans le contenu, est en effet un écrivain fort habile, qui maîtrise parfaitement les ficelles de l’accroche, du rythme, du suspens, des dialogues courts aux réparties vives… Ce n’est pas de la grande écriture, mais c’est diablement efficace dans ce bon roman d’aventures. On passera sur la violence quelquefois gratuite – mais qui rappelle la rudesse du Moyen-Âge – pour regretter peut-être que le niveau émotionnel soit trop rapidement exploré : les chevaliers de l’Ordre Sacré, si amusants soient-ils, sont réellement pénétrés de leur mission et de leur croyance en un destin, dont Kropp se fera l’héritier. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |