L'avis de RicochetLe monde de la rue, tout simplement. Celui des enfants, livrés à eux-mêmes, découvrant très vite la violence, les rapports de force et la peur qui se glisse sournoisement dans tout le corps. Dans le métro, des bandes ont posé leur campement, s’y abritant pour dormir, voler, mendier…Dans les couloirs de la ligne D, il y a Jordi et sa tribu de squatters. Ils sont douze, en réalité plutôt treize. Mais celui que tous les autres appellent « Malheur » suit la bande sans en faire vraiment partie. Les plus grands l’acceptent car il les aide à voler là où ils ne peuvent se faufiler, et puis il y a Mila qui veille sur lui comme le ferait une grande sœur. Quant à « Malheur », il les suit car il n’a pas le choix : vivre seul dans le métro, c’est trop dangereux. « Malheur » avait autrefois une grand-mère qui prenait soin de lui, l’appelait son petit « Poisson d’argent ». Depuis la mort de sa grand-mère, le petit poisson navigue dans des eaux souterraines où il n’y a pas d’avenir pour les enfants. Ce qui n’empêche pas « Malheur » de faire des rêves, notamment celui de lire. Pouvoir déchiffrer ce qui est écrit autour de lui sur les enseignes, les panneaux, les affiches, les bus et aussi dans le journal…ce serait le bonheur. Pour y arriver, « Malheur » devra faire des efforts, quitter la bande de Jordi pour rejoindre un centre d’accueil, abandonner ses mauvaises habitudes, respecter de nouvelles règles et laisser derrière lui Mila, sa protectrice. Heureusement, sa grand-mère veille sur lui, même de très loin. « Poisson d’argent » est un roman qui interpelle les âmes sensibles. C’est avec tendresse que Sylvie Deshors considère ses personnages qu’elle nous livre avec toute la retenue et la discrétion qui la caractérisent. Pascale Pineau Voir la chronique de Pascale Pineau
L'éditeur : Rue du MondeNées en 1996, les éditions Rue du monde poursuivent de manière surprenante et quasi-inespérée leur travail de fond, pour "titiller l'intelligence des enfants, leur esprit critique et leur sensibilité artistique". Et dieu sait qu'à l'aube de son cinquième anniversaire Rue du Monde y a parfaitement... |