L'avis de RicochetJulien habitait avec ses parents à la Cité des Jonquilles ; son père avait entamé la construction d’une maison. Tout allait bien… jusqu’à la faillite de l’entrepreneur. Du jour au lendemain, la vie de la famille bascule. Désespéré, surendetté, le père de Julien prend en otage le directeur de sa banque. Durant sa peine de prison, ses collègues de l’usine finissent la maison.
Drame ordinaire de la vie, témoignage d’une crise du logement multiforme, Un Rêve si simple ne laisse pas indifférent. Ce roman de la réalité ne vise pas à plaire, il veut faire grandir. Le ton est militant mais pas moralisant grâce à une histoire bien mise en scène. L’auteur est aussi dramaturge, et le lecteur le ressent dans le découpage des scènes, la construction précise en allers-retours temporels et spatiaux. Le narrateur Julien – premier point de vue - raconte les événements passés en attendant le retour du père, tandis que la prise d’otage de la banque est vécue par le lecteur – deuxième point de vue - avant que Julien n’en comprenne le lien. Les deux réalités se rejoignent avant une ellipse de deux ans, le temps de la prison. Tout finit bien, nous restons dans un ouvrage pour la jeunesse, et on n’évite pas un joli symbole filé (discret), en l’occurrence celui de l’arbre, souhait du père réalisé par le fils. L’auteur a peut-être trop insisté sur le côté « petites gens » de la famille de Julien : c’est un peu simple mais sans intention cachée. Particulièrement, la façon dont le père signe le contrat du pavillon est assez grossière. Tout se fait très vite, apparemment sans réserves ; Julien lui-même est moins naïf que son père, et repère la fausseté rapace du représentant (« Maison Vidor, une vie en or ! », p. 29). De là à penser que tous ceux qui ont de l’argent sont égoïstes et mauvais, et que les modestes ouvriers sont seuls capables de solidarité, il n’y a qu’un pas qu’il ne faudrait pas franchir sous peine de manichéisme agaçant. Reste un livre engagé pour un sujet très peu (voire jamais) traité, et qui mérite attention. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Bayard jeunesseDepuis plus d'un siècle, le groupe Bayard Presse crée des journaux, des magazines et des livres au service de millions de lecteurs dans le monde. Trois marques pour ses livres : Bayard édition, Bayard poche et pour le religieux, Le Centurion.
Créées en 1870, les éditions Bayard ont surtout pour origine... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)