L'avis de RicochetAëla Maguelonne est la « perl » (pilote) de l’indomptable abîme noir Jang-Al – les abîmes étant des sortes de baleines, vaisseaux vivants originaires de la planète Autremer. La forte personnalité d’Aëla l’amène à transgresser toutes les règles de conduite dans l’espace ; elle part bientôt seule avec Jang-Al à la recherche d’abîmes extra-terrestres qu’elle a aperçus. Parallèlement, Chaddy, jeune reporter intrépide, fait tout pour s’approcher de la famille Maguelonne, à la fois pour filmer avec sa bio-caméra les mystérieux perls, mais aussi parce qu’elle a découvert son lien de parenté avec la mère d’Aëla.
Danielle Martinigol opère dans les premières pages un résumé des deux précédents tomes, et donne un arbre généalogique final : utile, quoique chaque opus puisse se lire indépendamment. Le lecteur retrouve avec plaisir le monde d’Autremer, les abîmes, sympathiques géants de l’espace capables de sentiments, la relation symbiotique qu’ils entretiennent avec leur humain. Rien de vraiment nouveau dans cet univers, mais l’auteur sait le rendre tellement poétique et émouvant que c’est toujours un bonheur de lecture. Sur cette trame solide, aventures, passions, secrets s’entremêlent et donnent une histoire bien rythmée. Les amours humains sont très présents, avec des héroïnes hyper-actives qui laissent pourtant peu de place à leur féminité. L’écriture est vivante – le discours indirect libre autorise quelques relâchements - et propose de savoureuses expressions du type « bordée de bugs » (p. 70), « gel de chrone de bug ! » (p. 146). Le point de vue omniscient, une narration au passé conviennent à cette saga qui brasse tout un ensemble d’événements et de personnages. La découverte des extraterrestres, si elle est traitée un peu trop rapidement à mon goût curieux, est un beau message de tolérance, en opposition avec un monde des medias présenté comme gangrené par le pouvoir et l’argent (le point original de la série est cette critique des télévisions hyper-libérales). Bref, un ouvrage qui ne déçoit pas, pour petits et grands. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Mango jeunesseLes Éditions Mango ont été fondées en 1990 par Hugues de Saint-Vincent. Le groupe Mango est désormais contrôlé par Fleurus, depuis mai 2003.
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