L'avis de RicochetPhilippe naît le 1er janvier 1933. Petit Français d’une mère au foyer amatrice de piano et d’un père médecin militaire, il navigue entre Toulon (les grands-parents, et un grand-père truculent dans la Marine), la Bretagne (les vacances) et Paris (l’école). La guerre éclate, c’est bientôt l’exode. Son père est au front, sa mère les emmène, lui et sa sœur, dans des trains-couchettes un peu partout. Retour à Paris. Bon gré mal gré, Philippe continue une vie de petit garçon. Il tient des carnets de mots compliqués ou inventés, apprend à aimer le français avec un formidable professeur, découvre le pouvoir de l’imagination et la créativité avec un autre : petit à petit, son destin prend forme. 1944, la quasi-fin de la Guerre : la croissance de Philippe amène symboliquement au passage à un lit plus grand.
Cette autobiographie témoigne d’une histoire intime d’abord : celle de la famille de Boissy, ses ancêtres, ses usages… et le petit Philippe, enfant en construction. Puis c’est une histoire du quotidien qui revit : la vie en France dans les années 1930-1940, avec l’interlude difficile de la Guerre. Les habits, les jeux, la radio, les tickets de rationnement… Et enfin la grande Histoire, celle de la Seconde Guerre Mondiale, de l’exode, des bombardements se déroule au fil de la lecture. L’écriture de Philippe de Boissy est poétique, libre, simple voire épurée mais exigeante. L’adulte qu’il est aujourd’hui intervient dans le récit, pour préciser l’importance de tel ou tel événement, ses répercussions, ses éclaircissements ultérieurs. Il nous raconte bien « l’enfant de [sa] tête », avec des souvenirs peut-être déformés, clairement retranscrits avec du recul, mais toujours émouvants. Les plus jeunes seront impressionnés par les attentes scolaires de l’époque et l’érudition d’un enfant d’une dizaine d’années (certes précoce, mais tout de même…). Une belle réussite ; je me demande simplement si un adolescent qui ne serait pas un lecteur confirmé et assidu pourra accrocher à un tel ouvrage en dehors du cadre scolaire de la prescription. Peut-être faudrait-il qu’il commence par lire des poèmes de cet écrivain ?
A signaler : Philippe de Boissy, peintre, écrivain et poète, a un site Internet qui complète de manière heureuse la lecture de L’Enfant de ma tête : http://philippedeboissy.free.fr. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Editions du JasminDepuis leur création en 1997, les Éditions du Jasmin éditent des livres de littérature jeunesse en mettant l'accent sur la découverte de différentes cultures, notamment au travers des contes et de livres bilingues. Leurs livres s'adressent aux enfants de tout âge, de la petite enfance à l'adolescence. Les... |