L'avis de RicochetKafka craignait son père, on le sait. Mais on sait moins qu’il adorait sa jeune sœur Ottla. Kafka disparaît très jeune, Ottla continue sa vie. Epouse d’un non-Juif, elle est épargnée par les lois nazies. Ecoeurée de tant d’injustice, elle divorce et se porte volontaire pour accompagner des enfants à Auschwitz, où elle meurt.
Lumineux est le mot qui me vient pour décrire ce tout petit livre-objet. D’une part, une histoire vraie et intensément triste, exprimée tout simplement, sans commentaires, ce qui ne fait que renforcer l’émotion qu’elle dégage. D’autre part, des dessins au crayon et au tampon (Ah, la « touche » Anne Herbauts), en noir et bleu, et l’image d’une femme au visage fermé qui s’estompe au fil des pages jusqu’à un brouillard gris, symbole de sa disparition volontaire. D’abord, on ne voit que l’histoire d’Ottla elle-même. Une histoire sur le génocide juif. Et puis, on fait le rapprochement avec Kafka, aux fictions dépourvues de sens et d’espoir : décédé en 1924, l’auteur, s’il n’a pas assisté à la montée d’Hitler, avait ce sens aigu de l’absurdité du monde civilisé dont Ottla a été une des innombrables victimes. Lumineux. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Esperluète"Esperluète" (n.f.), c'est le nom donné au mot "et " et au signe typographique qui s'y rattache "&". Ce &/et est un lien, un trait d'union, un point de rencontre ou de départ, une association entre auteurs/plasticiens et lecteurs.
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